‹ Théâtre completChapitre 119 sur 235 · SCÈNE PREMIÈRE MADAME DE LA ROSERAYE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE MADAME DE LA ROSERAYE

Pleure, malheureuse femme, tu n'avais pas encore assez souffert ! Tu as été honnête, aimante et dévouée ; tu t'es dépouillée d'abord sans un reproche, tu t'es immolée sans une plainte ; tu as gardé ton rang avec dignité, tu as tenu ta maison avec sagesse ; tu croyais avoir gagné tes droits ou mériter au moins un peu de reconnaissance ; tu t'es trompée, tu n'es rien et on ne te doit rien, tu ne comptes pas plus qu'une servante ! Essaye donc de lever la tête ! Ose donc te faire entendre 1 Marche à ton mari, et dis-lui que l'aveu de ses désastres serait moins douloureux que le spectacle de ses chagrins. Il te répondra que ses chagrins sont à lui depuis que tu as cessé de partager ses joies, et plutôt que de confesser sa ruine, il te reprocherait encore de l'avoir prévue. O hommes ! hommes ! que vous êtes légers, ingrats et cruels î

Vous choisissez pour vos victimes les créatures les plus généreuses et vous les écartez sans pitié après les avoir frappées sans remords.

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