‹ Théâtre completChapitre 13 sur 235 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

SARDANAPALE

Parle ! parle ! La nuit est pure,

Sous les cieux Déjà tout repose et murmure ; Du sein ému de la nature S'exhale un soupir amoureux.

Parle ! parle ! Dis ce que tu veux.

SALÉMÈNE

Quand la haine et l'audace, Pour détruire en un jour ton empire et ta race,

Arment déjà tes puissants ennemis, Repose-toi toujours dans ces lieux endormis ; Attends-tu, pour montrer ton courage, Que leur fer s'abatte sur toi ?

SARDANAPALE

Va, j'aurai vécu comme un sage, Et je saurai mourir en roi.

SALÉMÈNE

La Médie est en feu. Un avis important M'annoncent les complots et le départ d'Arbace.

SARDANAPALE

Arbace ! Est-ce bien lui qui me menace ? Je lui laissai son titre et son gouvernement Pour la fidélité qu'il fit voir à mon père.

SALÉM£NE

Le sceptre était alors dans une main guerrière, Et les ambitieux choisissent leur moment.

26 SARDANAPALE

Dans ce palais aux joies infâmes,

Palais maudit, Où tu commandes à des femmes,

On t'obéit; Autour du lit où tu reposes,

Tes complaisants, Sur ton front couronné de roses,

Brûlent l'encens ; Mais cet Arbace qui te brave

Et qui conspire en paix, Te chassera comme un esclave

De ton palais.

Tes aïeux, que le peuple admire,

Fiers et hautains, Jadis parcouraient leur empire

En souverains ; Ils faisaient briller leur couronne,

Leur glaive aussi ; Et toi tu caches ta personne

Toujours ici ; Mais cet Arbace qui te brave

Et qui conspire en paix, Te chassera comme un esclave

De ton palais.

SARDANAPALE Mon peuple, dis-tu, se soulève?

SALÉMÈNE

Un révolté conduit les mécontents.

Page 1