SCÈNE PREMIÈRE LE BARON, un Médecin
Ils sont entrés par la porte de gauche, le médecin le premier.
Eh bien ?
LE MÉDECIN
Votre homme est perdu et il n'a que ce qu'il mérite.
LE BARON
Vous m'étonnez ; une organisation comme la sienne détruite en si peu de temps ; un corps de fer, des membres d'athlète.
LE MÉDECIN
Oui, et il est archi-perdu. Vous l'avez entendu qui me criait : « Le coffre est bon, docteur, le coffre est bon. » Animal ! si tu pouvais voir ton cerveau, tu n'en dirais pas autant que de ton coffre.
LE BARON
Il est malheureusement vrai que la tête s'en va de jour en jour.
LE MÉDECIN, après avoir regardé autour de lui.
Où m'avez-vous amené, baron ?
LE BARON
Chez un savant, un savant d'une espèce particulière ; quel effet vous a-t-il produit ?
LE MÉDECIN
Il m'a fait l'effet d'un ivrogne. Et à quoi emploiet-il tout ce charbon, votre savant, est-ce qu'il en mangerait par-dessus le marché ?
LE BARON
Ne raillez pas, mon ami. Cet homme est très intéressant, je vous assure, si sa maladie ne l'est pas. Il a ou plutôt il avait une intelligence supérieure, une valeur hors ligne, et sans certaines circonstances qui l'ont jeté à corps perdu dans la boisson, son nom serait devenu célèbre comme ceux de Rumkorff et de Faraday. Il aurait illustré ce laboratoire où il mourra misérablement.
LE MÉDECIN
Je vous crois. C'est sa mère sans doute, qui est là auprès de lui.
LE BARON
Non, c'est sa belle-mère. Une créature...