‹ Théâtre completChapitre 198 sur 235 · LES MÊMES, EMMA · texte numérisé non relu

LES MÊMES, EMMA

EMMA

Bonjour, Raoul, vous êtes le bienvenu.

RAOUL Comment allez-vous, ma chère Emma?

EMMA Parfaitement, mon ami.

RAOUL

Je vous trouve en effet une santé superbe, une mine charmante, qui donne encore plus de prix à l'absolution que je viens chercher.

EMMA

Je suis très satisfaite de mon séjour ici. Si vous comptez rester quelque temps avec nous, comme je le souhaite, vous verrez que la campagne a son mérite et ses charmes en toute saison.

RAOUL

Mais je ne déteste pas les champs, ma chère Emma, et nous déciderons quand vous le voudrez de nous y établir tout à fait. On chasse, on monte à cheval, on mange, on dort, on fume ; cette existence de brute me conviendrait assez.

MADAME DE SAINTE-CROIX, bas.

Tiens-toi un peu et ne dis pas trop de bêtises.

EMMA

Je ne me fie pas, mon cher Raoul, à vos goûts campagnards qui s'expliqueraient seulement chez un grand propriétaire en s'harmonisant avec ses travaux ; mais, sans domaine à faire valoir, vous vous lasseriez bien vite d une vie toute bestiale pour en désirer une autre où l'intelligence et la sensibilité auraient plus de part.

RAOUL

C'est bien possible ce que vous me dites-là ; on ne s'amuse réellement qu'à Paris.

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