SCÈNE IX CLARISSE, THÉODORE
CLARISSE
Eh bien, Théodore, c'est ainsi que vous m'accueillez après une absence ! Et ces projets de mariage, y pense-t-on toujours ?
THÉODORE
Jamais ! jamais !
CLARISSE
Qu'avez-vous encore ? Vous serez donc toujoursjaloux ?
THÉODORE
Ce n'est plus de la jalousie, c'est du désespoir.
CLARISSE
Et pourquoi ce désespoir? Est-ce la personne quevous venez de rencontrer chez moi qui vous inquiète ? Je vous ai déjà dit que c'était mon père.
THÉODORE
Je ne veux pas le croire ! Je ne peux pas le croire !
CLARISSE
Ne savez-vous pas depuis longtemps, Théodore, l'irrégularité de ma naissance? Cet homme, auquel j'ai reproché bien souvent son abandon, il ne m'oubliait pas au fond de sa province.
Au fond de sa province ?
CLARISSE
Oui. Il y a quelque temps, il me fit savoir que des chagrins de famille le rapprochaient de moi.
THÉODORE
Des chagrins de famille ! Un enfant, n'est-ce pas^ un mauvais sujet comme moi ?
CLARISSE
Précisément, mon ami. Enfin, il m'annonça que forcé de venir à Paris...