‹ Théâtre completChapitre 96 sur 235 · ACTE QUATRIEME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIEME

DELAUNAY

Sur vous, oui ; mais l'histoire du portrait me les a

fait perdre.

CLARISSE

Je ne te crois pas. Les illusions sur une femme qu'on a aimée, cela ressemble aux rhumatismes : on ne s'en défait jamais complètement.

DELAUNAY

Vous vous trompez, Amanda. Le passé n'existe plus pour moi, puisque j'étais seul à m'en souvenir.

CLARISSE

Mais je m'en souviens au?si, mon ami. (Mouvement de joie de Delaunay.) Es-tu toujours sentimental ?

DELAUNAY, vexé.

Oui, toujours.

Ce n'est plus un genre bien à la mode.

DELAUNAY, avec fatuité.

La province ne le déteste pas.

CLARISSE

Mon ami, il faut retourner bien vite, bien vite, en province.

DELAUNAY

C'est un congé que vous me donnez là. Vous voudriez déjà me voir loin de Paris, lorsque pour y venir j'ai dû compromettre des affaires de la plus haute importance

CLARISSE Oh ! Oh ! Monsieur est établi !

DELAUNAY

Déjouer la jalousie de ma femme....

CLARISSE

Ta femme est jalouse ?

DELAUNAY Enormément.

CLARISSE

Gros fat ! C'est du nouveau pour toi.

DELAUNAY Mais vous aussi, Amanda, vous avez été jalouse.

Oh ! mon ami, je te le faisais croire.

DELAUNAY

Allez, ne vous gênez pas. Dites-moi tout de suite que vous vous êtes moquée de moi.

CLARISSE

Jurerais-tu sérieusement du contraire?

DELAUNAV

Le ton que vous avez maintenant n'est pas celui que je vous ai connu. Autrefois vous me trompiez peutêtre, mais vous ne me le disiez pas.

CLARISSE

Maintenant je te le dis, mais je ne te trompe plus.

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