‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 36 sur 114 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

rible de ne plus me rappeler un jour tes traits Enfin, c'était affreux !... Quelle douleur ! Ouf ! Je ne voudrais plus repasser par là ! Tu ne peux pas soupçonner les sept diables de jours que je viens d'endurer.

DIANE

Et moi, Marcel, et moi ! Quand je te dirai ma semaine...

ARMAURY

Oh ! donne-moi le coin frais de ta bouche, le petit coin où l'air passe.

DIANE

Attends... auparavant 1...

Elle défait son gant, retrousse un peu la manche et lui donne le poignet à embrasser.

ARMAURY

Oui... tu as raison... bonjour à tes mains... Je les oubliais, les pauvres chéries !

Ketty, dans le fond, range une valise. KETTY

Mademoiselle, nous avons laissé le corsage de dentelle que Mademoiselle m'avait dit de prendre et puis le petit manteau de voyage..

DIANE

Ça ne fait rien, nous nous en passerons.

ARMAURY

Nous devons faire rougir cette malheureuse Ketty... Mais, tant pis, maintenant ! (Il va à elle.) Comment avez-vous eu le temps, la présence d'esprit même, de descendre une valise ?

DIANE

Tu sais que Ketty est comme une petite souris dans les couloirs... Elle a escamoté ça...

ARMAURY

C'était risqué... Si on avait vu la \ alise, comment t'en serais-tu tirée ?... (A Ketty.) Et, d'abord, etes-vous certaine de n'avoir pas commis d'imprudence ?

KETTY

Oh î certaine. Monsieur.

ARMAURY, revenant à Diane.

Voyons, maintenant que je suis sûr que tu es îà, car ça me paraît à peu près sûr cette fois, mettons de l'ordre dans toutes ces idées un peu chavirées... Exactement, où es-tu en ce moment ? où ?

Gomme nous en étions convenus dans nos deux dernières lettres, exactement comme je te l'ai dit dans la dernière que Ketty t'a apportée. Je suis arrivée à réaliser tout notre petit plan. Avec maman, tu sais, c'est toujours facile !

ARMAURY

Bref!...

DIANE

Bref, je suis en ce moment à Reuilly, parce que, à la veille de partir pour le courent de Lodelinsart, ayant été touchée par un repentir auquel tout le monde croit à la maison, j'ai témoigné du désir d'aller dire adieu à l'abbé Roux. Maman doit venir me reprendre à cinq heures à l'église ; mais, comme c'était préparé entre nous, Ketty s*est amenée, il y a une demi-heure chez Tabbé, soi-disant parce qu'on me demandait subitement à la maison... Nous avons descendu comme des folles les escaliers... Quant à maman, lorsqu'elle arrivera chez l'abbé, nous serons loin... donc rien

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