ACTE TROISIÈME
fenêtre, à la table.) Mademoiselle, votre père est rentré.
MARCELLE, avec un cri de joie.
Eh bien, pourquoi ne monte-t-il pas ?... Ah I mon Dieu, je lis dans vos yeux un malheur.
HERNERT
Ne vous effrayez pas... Il est blessé, mais très
légèrement blessé. (Marcelle est presque défaillante.) Prenez garde à votre mère.
J'aurai du courage, mais la vérité, je vous en supplie... Je puis l'entendre.
HERNERT
Il y a une heure que votre père a été ramené ici... On vient de procéder à un examen rapide dans sa chambre, là, à deux pas de vous, derrière ce cabinet de toilette... Nous avions fermé la double porte à clef à cause de Madame Bouguet... La balle est entrée dans le gras de l'épaule, mais n'a touché aucun organe.
MARCELLE
J'ai la tête qui tourne.
HERNERT
Ne vous alarmez pas. Rien de grave ou de périlleux, à coup sûr. La meilleure preuve, il va vous la fournir lui-même. Maintenant que l'examen est terminé, on va passer à la radiographie dans le cabinet de toilette, ici, à côté, mais votre père redoute la première émotion de Madame Bouguet si elle le voyait étendu ou alité ; il vient de me faire appeler pour me communiquer ses ordres... car avec un tel homme, il faut en passer par où il veut 1... Du reste, Pra vielle, qui a été
ija LES FLAMBEAUX
son médecin, l'autorise, selon le vœu qu'il en formait, à rester debout, mais les quelques secondes nécessaires seulement... Donc, il a été décidé qu'il va traverser ce cabinet de toilette et entrer ici, appuyé sur le bras de Pravielle, de façon à ce que Madame Bouguet ait la vision de son mari debout. Pravielle vous prie de préparer, sans en avoir l'air, quelques coussins sur la chaise ongue de Madame Bouguet.
Oui... c'est possible... Allez, dépêchez-vous ! Je ne vis plus 1
Il désigne la porte du cabinet de toilette à gauche et sort précipitamment avec Hervé, qui le guettait tout en parlant à Madame Bouguet.