‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 120 sur 254 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

et vous m'avez dit vous-même qu'à aucun moment vous n'avez craché le sang. II n'y a pas eu d'hémoptysie...

BOUGUET

S'il y avait hémoptysie, si légère soit-elle, ce serait le signe certain que la balle logerait dans le poumon, n'est-ce pas ? Et alors ?...

PRAVIELLE

C'est un des seuls cas où l'on puisse, a priori^ redouter qu'il y ait péril ou danger... Dans ce cas, le malade est sous la menace d'une hémorragie qui peut être ou légère, ou grave, ou funeste... mais, encore une fois, je me serais opposé à votre transport, si je n'étais convaincu que la balle n'intéresse que la paroi thoracique. Nous allons en avoir le cœur net. Vous serez, je pense, complètement rassuré après l'examen radiographique.

BOUGUET

Merci, mon ami... Allez, en effet, préparer la radiographie avec Hervé et les autres... et faites entrer ma femme, je vous prie.

PRAVIELLE, après une hésitation.

Je redoute votre émotion et les paroles.

BOUGUET, fermement.

Vous avez vu, la pauvre créature déçue et froissée s'est tenue à l'écart quand je suis entré !... Malheureuse femme ! Je ne dirai que les mots nécessaires, indispensables, mais, n'aurait-elle de moi qu'un baiser, je le lui donnerai sans témoin, comme je le dois (Avec autorité. J^ et comme je le veux...

PRAVIELLE, s'inclinant.

C'est trop naturel, après tout ! Je consens à ne pas vous contrarier. Demeurez seulement rigou-

i8o LES FLAMBEAUX

reusement immobile et mesurez vos paroles. Je n'exige pas plus.

BOUGUET

Allez.

PRAVIELLE, entr'ouvrant la porte de droite.

Voulez-vous avertir Madame Bouguet de ma part qu'elle est autorisée à venir auprès de son mari ? (A Bouguet.) Encore une fois, je vous recommande, mon ami, le plus grand calme.

BOUGUET

Soyez tranquille, et merci de la permission... merci pour tout...

Pravielle sort à gauche. Entre ensuite Madame Bouguet par Vautre porte.

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