‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 144 sur 254 · ACTE PREMIER aij · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER aij

MONSIEUR DE VILLEDIEU

C'est une grosse affaire de construction que votre casino de Sinaïa ?...

ULRIC

Oui, cela peut me rapporter au bas mot cinquante mille francs.

MONSIEUR DE VILLEDIEU

Oh 1 vous n'avez plus besoin de cette misère.

ULRIC

Mais si, mais si, on a toujours besoin d'économiser pour les enfants.

MONSIEUR DE VILLEDIEU

Bah I vous gagnez ce que vous voulez, et cette immense propriété...

ULRIC

Mon cher, la propriété est à ma belle-mère... On dépense à l'embellir, mais elle ne rapporte rien... Elle coûte même d'entretien à Madame Desroyer beaucoup d'argent...

MONSIEUR DE VILLEDIEU

Oh ! elle est si riche. Madame Desroyer 1

FRÉDÉRIQUE, du fond.

Ah ! voilà enfin les demoiselles Castel !

MADAME DESROYER, à la sœur.

Alors, j'attends une seconde, je vais les saluer.

FRÉDÉRIQUE, à Julien.

Avec votre mère, Julien.

JULIEN

Je vous l'avais annoncé, elle vient vous rendre visite. Ça ne vous gêne pas ?

ai8 LES SŒURS D'AMOUR

FRÉDÉRIQUE

Eh bien, allez au-devant d'elle.

JULIEN

Est-ce nécessaire ?...

FRÉDÉRIQUE

Ce sera au moins poli, mon cher. (Julien s'en va.) Il y va comme un chien qu'on fouette.

Elle fait des signes de loin avec la main.

ULRIC

C'est un genre. Au fond, il adore sa mère ; seulement, comme tous les fils qui parviennent à un certain niveau social, il a un peu honte de son extraction. (RiantJ Madame Bocquet dit : votre dame, votre demoiselle. Mais il la vouvoie avec respect au moins devant le monde.

FRÉDÉRIQUE

Je trouve ça très délicat. Elle est employée au Bon Marché... surveillante, je crois... Elle en a bien l'air.

ULRIC

Le père est mieux, un ancien marin colonial... Je l'ai vu une fois... Julien ne t'a jamais montré sa photographie ?... Demande-la-lui. Tu verras. C'est un type.

FRÉDÉRIQUE

Au fond, dis-moi, je n'ai pas encore compris ce que fait sa mère depuis huit jours, dans le pays ?

Ni pourquoi il Ta installée chez les demoiselles Castel ?

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