‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 243 sur 254 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

ANNA

Nous voulions lui écrire, Rozenne et moi, pour avoir deux mètres de fumier, parce que, en somme, le fumier de l'âne, maintenant...

A ce moment, une vieille femme entre en cape de deuil, c'est la vieille nourrice de Julien.

JULIEN

Te voilà, Margareck !... C'est moi...

La vieille ne dit rien ; elle s*avance.

ROZENNE

Ça lui fait de l'émotion... elle pleure. JULIEN, va à elle.

On s'embrasse ? (La vieille Cétreint.) Alors, tu ne vois plus, ma pauvre Margareck ? (La vieille secoue la tête ) Pauvre I Moi aussi j'ai une grande émotion de te revoir !... Demain, j'irai causer avec toi, parce qu'aujourd'hui nous ne sommes en état ni l'un ni l'autre, n'est-ce pas ?... Et puis, tu devrais être couchée à cette heure-ci. (Bas à Anna.) Que fait-elle toute la journée ?

ANNA

Rien... Elle reste seule sur le seuil de sa maison. Quelquefois, je vous dis, elle va tout de même aux champs... Quand on lui demande si elle s'ennuie, elle répond : « Non, je réfléchis !... » Elle revoit sans doute dans sa tête... Elle est gênée... Je crois qu'elle voudrait s'en aller.

JULIEN

Eh bien, va, Margareck... Demain, je m'assoirai devant ta maison. Nous causerons du passé...

Et puis j'ai quelques petites choses pour toi dans ma valise.

Uaveugle ne parle pas et se détourne en pleurant. Elle sort guidée par Rozenne.

ANNA

Monsieur n'a plus besoin de rien ?

JULIEN

Non, laisse les lampes allumées au salon... et couchez-vous comme d'habitude... sans tarder... Veux-tu dire maintenant à Madame qu'elle peut venir si bon lui semble ?...

Il reste seul. Il met la dernière main aux détails né' gligés, il chantonne ; il va à la porte ouverte, la lampe à la main.

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