ACTE DEUXIÈME io
LE DIRECTEUR
La page est concise et admirable... Si, si, Madame, admirable. Puisque le groom n'est pas venu, je vais vous l'envoyer tout de suite avec les épreuves, dès que j'arriverai au journal... Mademoiselle... Monsieur Blondel...
MADAME BOUGUET
Au revoir... et confuse de l'honneur que voua m'avez fait avee cet hommage...
LE DIRECTEUR
Qui a pris, vous l'avei: vu... un caractère quasi national.
Bouguet et »a femme accompagnent le directeur d& /'Aube.
BLONDEL, à Marcelle.
Ma femme n'est pas plus souffrante ?
MLA.RCELLB
Rassurez-vous.
BLONDEL
Je la trouve un peu nerveuse, ce soir.
MARCELLE
En effet. Nous causions là, en prenant le fraifi.
BLONDEL, à Marcelle.
Voulez-vous voir les musiciens ? Monsieur Hernert désire, pour clôturer, qu'on finisse en jouant un air de Bach. Le chef d'orchestre a dit que c'était possible si vous aviez la partition de piano... L'aria de Bach, je crois.
MARCELLE
Parfait. J'y vais.
EUe rentre dans la salle.
BLONDEL, s^approebant de nouveau d'Edwige.
Ça va-t-il mieux, ma p«etite ?
lo6 LES FLAMBEAUX
Oh ! je t'en prie, ne t'occupe pas de moi. BOUQUET, revient du fond et se retourne avant d*entrer dans la salle.
Qu'est-ce qu'il y a ?
BLONDEL
Ma femme est un peu incommodée par la chaleur.
BOUQUET, s^ approchant.
Rien de grave ?
EDWIQE
Rien du tout... J'étouffais un peu, j'ai pris l'air, voilà... Qu'on ne s'occupe pas de moi ! BLONDEL, lui entourant la taille.
Pauvre chérie ; c'est vrai qu'elle est pâlotte 1 Elle a les yeux cernés. (Il rit bruyamment.) Eh !
eh I des yeux de lune de miel, après tout 1... EDWIQE, se dégageant en repoussant le bras de Blondel. Mais laisse-moi, laisse-moi.
BLONDEL, étonné.
Mon Dieu ! que tu es nerveuse ! Est-elle assez fébrile, hein, Bouguet ? Tu ne trouves pas cela extraordinaire...
EDWIGE, »'cn allant sur le rocking.
Je VOUS en prie...
BLONDEL
Bon, la voilà qui pleure !... Ma chérie !... Qu'at-elle donc ?
EDWIGE
Je désire aller me coucher.
As-tu besoin des domestiques ? La femme de chambre elle-même est employée au buffet.