‹ Théâtre complet (volume 4)Chapitre 105 sur 236 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

son attention... Sonne, veux-tu ? (Passerose sonne

et, en passant, regarde à la fenêtre.) Je vais, en d<

cendant, payer la note de l'hôtel afin qu'elle soit réglée et qu'il ne soit pas assez fou pour refuser de le faire. (Elle considère le deuxième paquet de billets que Passerose avait séparé de l'autre tout à Vheure.)

Cet argent du jeu de tout à l'heure, laisse-le là où il est...

PASSEROSE

Bien, j'ai saisi...

JESSIE

Tu lui feras admettre qu'il n'y a pas de honte à se servir de cet argent, pour revenir à Paris... Qu'il comprenne que ce n'est pas comme l'autre argent, comme le collier, comme ces choses avec lesquelles je pensais nous acheter quelques mois encore do bonheur et de tendresse!... (Elle pleure.) Je pense qu'il reviendra directement à Paris... Tâche qu'il aille tout de suite chez sa maman... Ils sont en froid, mais ils se réconcilieront cou moi... Ce sera le meilleur refuge à sa douleur puis... (Entre un valet de chambre.) Tenez, mon ceci au 45. (Le valet prend le nécessaire.) C'est

tout, il n'y a rien à dire... Ne revenez pas ; je n'ai plus besoin de vous... Tenez... (Elle lui donne un

pourboire. Il sort avec le nécessaire. Elle se précipite sur le papier à lettres.) Apporte-moi le stylo et le sous-main. Tu lui remettras ce mot... quand tu pourras plus faire autrement, quand mon absence deviendra inexplicable.

PASSEROSE

Mais comment saurais-je que tu es réellement partie, tout au moins de l'hôtel ?... Car il faudra que je l'empêche de sortir.

Comment ?... Oui... c'est vrai !... Attends.

Gomme la salle de bains a une porte indépendante qui donne sur le couloir, tout près de l'escalier, en passant, quand je m'en irai, je tournerai le bouton électrique... Si d'ici tu vois qu'il y a de la lumière, c'est que je serai descendue...

PASSEROSE

Compris.

JESSIE

Va t'assurer, pendant que je finis d'écrire, si la lumière fonctionne.

PASSEROSE

Oui.

Elle sort, passe dans la salle de bains, fait fonctionner une seconde l'électricité et revient au bout de quelques secondes. Pendant ce temps, Jessie écrit en larmes, le buvard posé sur ses genoux.

JESSIE

Une seconde. (Elle cachette et lui remet la lettre.) Voilà. Ça va être très dur... Le vrai moyen d'être bonne, ce sera de lui dire beaucoup de mal de moi. Ne crains pas de m'accabler !... Dis-lui que je suis une mauvaise rosse... Il va avoir une crise de désespoir affreuse, affreuse... C'est un petit garçon sans défense... 11 est si jeune, n'est-ce pas !... Son premier chagrin !... Allons, allons... pas pleurer... pas pleurer... Ce sera pour dans l'auto, quand le cœur crèvera !...

(Désespérément.) Il faut, quYsl-ce que tu veux ?...

Il faut, n'est-ce pas ?

PASSEROSE

Bien sûr !... La vie devenait bien difficile danB ces conditions !... Compte sur moi. Je ferai, ea tout cas, tout ce qu'il sera humainement possible de taire.

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