ACTE TROISIEME i
Non, pas celle-là. Justement, j'ai vu par la fenêtre...
PASSEROSE
C'est exact.
JESSIE
Débarrassons-nous donc de ces salœ préoccupations. Que la question soit liquidée !
Elle met maintenant un manteau.
MAX Un manteau pour descendre jusque-là ?
JESSIE
Je ne peux pas traverser la rue dans ce costume de soir !...
MAX
Fais vite.
Elle veut Vembrasser. Il la repousse violemment.
JESSIE, le cœur crevé.
Oh ! méchant ! Tu me refuses un baiser ?
PASSEROSE
Embrassez-vous donc, mes enfants. Il ne faut jamais se quitter brouillés, même pour cinq minutes !...
JESSIE, supplie.
Oui... Laisse-moi au moins t'embrasser ! (Elle
lui serre la tête sur sa poitrine longuement, passionnément, tristement, et l'embrasse dans les cheveux.) Celui
qui le reçoit ne distingue pas quel est le baiser le meilleur, le plus profond... mais celui qui le donne ne s'y trompe jamais !... (Elle s'écarte de lui, et les doigts ont encore Vair de le chercher. Elle recule avec un visage stupéfié, meurtri par la douleur et
i;4 LA POSSESSION
Veffort.) A tout à l'heure, chéri... Souris-moi de loin ?... Je ne veux pas descendre si tu ne m'as pas souri... Ami ?
MAX
Ami.
JESSIE
Souviens-t'en !
Elle sort en coup de vent. La porte claque.