ACTE QUATRIÈME ig
là !... Serre-lui le cou à mourir !... Etrangle-la, va... va, va !
Gabrîelle, les yeux terribles, semble vouloir serrer l'étreinte, mais tout de suite, elle lâche et se rejette en arrière.
GABRIELLE, dans un gémissement.
Laisse-moi !... Ce n'est pas vrai, d'abord... ce n'est pas toi la coupable... Tu es bonne... Tu as été bonne pour lui !
JESSIE
Toujours !... Toujours cette obimère !... Bonne !... Ah ! il n'y a pas d'espoir d'éveiller la haine en toi... Passive, résignée... C'est ton lot à toi !
GABRIELLE
Tu me fais mal, Jessie !... Pourquoi me fais-tu si mal ? Est-ce que je ne souffre pas assez ?
JESSIE
Il me semble que si on me prenait mon fils, moi, je tuerais... Songe, chaque fois que j'irai te voir dans ta solitude, une douleur effroyable me rongera... et toi tu supporteras mes lèvres sur ta joue... Je te connais !... Seulement, je ne me contenterai pas de ton pardon, ah ! non !... Quand je serai une grue riche, une de ces sales femmes couvertes de bijoux et d'ignominie, je te donnerai beaucoup d'argent. Je veux que tu sois fortunée, rentée... que tu connaisses le bien-être.
GABRIELLE
Oh ! maintenant, va !... Je sais bien que tu es bonne... merci !
JESSIE, se relevant avec un rire exaspéré, presque fou*
Et elle dit merci !... Merci !... Oh !
i94 LA POSSESSION
GABRIELLE
Mais qu'est-ce que tu as ? qu'est-ce que tu as à me torturer ainsi !...
Bianca revient.
BIANCA, sévèrement.
Bébé... vas-tu la laisser tranquille !... Qu'est-ce que tu lui dis encore d'épouvantable ?
Gabrielle sort en pleurant et en gémissant.