ACTE TROISIÈME
MADAME LEVASSEUR
Qu'est-ce qu'il y a ?... Tu prends un air tout à coup !...
BLEUETTE
Oui, qu'est-ce que c'est ?
LEVASSEUR
Au fait. Je puis lire devant cette petite... Il n'y a plus de secret pour elle. Elle est de chez nous...
BLEUETTE
Je vous remercie de m'en donner la preuve.
LEVASSEUR
Nous parlions du disparu tout à l'heure. Ce mot est de sa mère. (Il Ht.) Monsieur Levasseur, peut-être vous intéressera-t-il d'avoir sur la conduite au feu de mon fils Paul quelques renseignements Iprécis. Un de ses camarades de combat, un autre [lui-même, revenu depuis peu et que je charge de cette lettre, vous édifiera à cet égard, si vous le dési- \rez. Recevez, Monsieur, etc.. Il est là, dans mon Ibureau.
MADAME LEVASSEUR
Mais, je crois bien, il faut le recevoir.
PHILIPPE
Tout de suite.
BLEUETTE
Ne le faites pas attendre.
MADAME LEVASSEUR
Je veux le voir... l'entendre...
PHILIPPE
Fais-le entrer ici... nous lui parlerons aussi...
LEVASSEUR, montrant Bleuetle.
Mes enfants !... Tout de même...
BLEUETTE
C'est vrai... Je suis de trop. Je m'en allais, d'ailleurs. Il faut que je passe prendre maman au thé de la rue Royale, à cinq heures.
PHILIPPE
Déjà!
BLEUETTE
Et je vous prie, Philippe, de ne pas m'accompagner, même jusqu'à la porte. Restez... Passezmoi mon sac. (Philippe le lui tend.) Merci !
PHILIPPE
Alors, demain matin, j'irai vous prendre à dix heures, voulez-vous, pour monter à cheval ?
BLEUETTE
C'est ça, un tour au Bois. Au revoir, maman.
MADAME LEVASSEUR, elle Vembrasse.
Au revoir, ma fille chérie.
BLEUETTE va à Levasseur.
Et vous, shake-hands... (Elle lui serre la main.) Papa, vous êtes un bon gros.
Elle se dirige vers la porte.
LEVASSEUR
Est-elle gentille !