‹ Théâtre complet (volume 4)Chapitre 25 sur 236 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

JESSIE

Dame ! il est encore temps de réfléchir... Réfléchissez... réfléchissez...

LE DUC

Y aura-t il quelques belles années ?

JESSIE

Quelques.

LE DUC

Alors, ça suffît ! Courte et ! que lee cha-

grins viennent après ! Je serai payé...

JESSIE

Vous avez dû être un rude viveur, vous ?

LE DUC

J'ai toujours aimé bien faire ce que j'avais à faire. Bon fusil ; vaguement Bénateur, maire de Chantilly, j'ai un cheptel considérable dans h>s Pyrénées, j'ai été à la guerre... j'ai môme écrit un livre de stratégie militaire... mais, comme le sage, je fais profession de n'avoir su jamais parfaitement qu'une chose... (Il se penche sur Vépaule de Jessie.) l 'amour (Elle se dégage avec un geste enfantin.) Qu'est-ce qu'il y a ?

JESSIE L'écrin ? (Elle remet la bague dans Vécrin.) Vous me

la redonnerez à un autre moment... pas ici... pas sur cette parole...

Elle le lui tend par-dessus la table.

LE DUC

Ce qui veut dire ?

JESSIE

Mon ami, vous avez vraiment trop l'air d'ajou-

ter une conquête à cent autres, une tête à voire cheptel.

LE DUC

Qu'allez-vous chercher là, Jessie ? Vous unique pour moi !

JESSIE

Je ne crois pas que vous vous en rendiez compte, il vient d'y avoir dans votre manière avantageuse de vanter vos succès quelque chose qui me blesse profondément... Moi, je ne me vends pas, je me donne et... pour la première fois ! Je ne voudrais pas faire ce sacrifice à un amateur de femmes, mais à quelqu'un qui comprenne toute la valeur, la rareté de cette minute que j'ai si longtemps retardée... Ce que je vous apporte, je l'es! moi, inestimable !

Décidément, comme je suis mal compris jusque dans mes délicatesses, Jessie... J'attache un prix également inestimable à la possession de l'être que vous êtes... mais c'est par modestie que je tenais avant tout à vous dissimuler le moment du sacrifice !

JESSIE, sursautant.

Sacrifice !...

LE DUC

Pardon. Le mot est de vous. Il y a, en tout cas, un sacrifice dont je ne veux pas, c'est oeluî de votre gaieté, de votre sourire. Voyez comme vous avez mal interprété mes timidités... calantes! J'ai précisément eu peur de trop attî eï votre attention sur moi aujourd'hui; alors, j'avais préparé quelqu s distractions pour votre œil d'entant amu

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