ACTE PREMIER 5J
GABRIELLE
Deux.
SERGE
Gomme c'est petit ! Quel abîme entre l'optique et la géométrie !
Les hommes s'accroupissent.
GABRIELLE
Nous ne vous attendions pas aujourd'hui ; l'agence Mazeaux nous avait téléphoné que vous viendriez vendredi.
C'est exact. Mais j'avais hâte de connaître la villa dont Mercadier m'avait fait une si agréable description.
ZAKI
Trois mètres cinq.
GABRIELLE
Au rez-de-chaussée, vous avez tout vu ; il ne reste plus que cette petite pièce avec un escalier
qui monte au premier. (Elle entrouvre la porte de gauche.) Désirez-vous la voir ?
SERGE
Volontiers, mais auparavant, je vais être d'une indiscrétion folle... mais ce qui s'appelle folle...
GABRIELLE
Ne vous gênez pas.
SERGE
Auriez-vous l'amabilité, Madame, de faire donner un verre de vin ou de bière à mon chauffeur ?
GABRIELLE
Certainement, c'est trop naturel... Je vais en donner Tordre.
SERGE
Cet homme mourait de soif ! Merci bien, Madame.
GABRIELLE
Et vous-même, désirez-vous quelque chose ?
SERGE
Trop aimable.
Elle ressort par le jardin.
ZAKI, pouffant.
Eh bien ! si cette fois elle ne téléphone pas à la préfecture, c'est qu'elle a une santé !
SERGE
Maintenant allons-y ! Il faut mettre à profit l'absence de l'amie pauvre. Je vais simuler un petit accident. Tu pousseras des cris de paon.
ZAKI
Tu es bien aimable. Je ne tiens pas à me rendre ridicule.
SERGE
Je me serai soi-disant écrasé l'index en déplaçant le piano. Ouvre la porte, réclame de l'eau, du laudanum.
ZAKI
Gomment, du laudanum ?
SERGE
De la teinture d'iode, tout ce que tu voudras... Eh bien ! voyons, degrouille-toi. Tu n'as pas l'espril de blague pour deux sous 1
ZAKI
Ali ! si tu me prends par l'amour-propre. (il ouvre la petite porte de gauche pur laquelle Jessie et le tiur.: i a étaient sortie. Il appelle,) Quelqu'un...
i-il quelqu'un ? Madame 1