‹ Théâtre complet (volume 4)Chapitre 8 sur 236 · ACTE PREMIER ai · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER ai

francs... et avec cette ignorance de tout qui te caractérise.

BIANCA

Au moins, je suis jugée. Tu m'agaces, tiens, laisse-moi tranquille.

JESSIE, riant.

Figurez-vous, Monsieur Joussaud, que l'autre jour elle est revenue de chez vous en me disant que vous lui aviez parlé de la nécessité de faire analyser sa signature.

JOUSSAUD

Hein ?... Quoi ?... Avaliser, sans doute ?

Eh bien ! ça n'avait rien de si absurde ! Ce sont des termes techniques. Je croyais qu'il s'agissait d'une expertise... je ne sais pas, moi !

JESSIE

Quand on a cette candeur-là on ne s'aventure pas à jouer à la Bourse. On prend des livrets de

Caisse d'épargne !

BIANCA

Je voulais augmenter mes rentes et te donner un peu de luxe. Est-ce un crime ?

JESSIE

Allons, ne pleure pas ! Pas de larmes. Ne nous offrons pas, en tout cas, ce luxe inutile. Nous avons pris notre parti, toi et moi. (Tout à coup.) Et si elle mettait cet argent en vi-ager ?

BIANCA

Jamais de la vie ! Tout ce que je possède doit te revenir plus tard...

JOUSSAUD

Et puis votre maman est bien jeune. Elle a heureusement une admirable santé.

aa LA POSSESSION

BIANCA

Je touche du bois.

Ses revenus ne seraient pas sensiblement augmentés.

BIANCA

Allez, je m'arrangerai très bien avec ce qui me reste. Qu'on ne s'inquiète pas de moi. Maintenant que je vais vivre seule dans un petit logement de deux à trois mille, au lieu d'un appartement de dix mille !... Avec la location d'été de la villa, j'aurai toujours une vingtaine de mille francs de rentes. C'est plus qu'il n'en faut pour moi.

JOUSSAUD

Mais Mademoiselle votre fille...

BIANCA

Elle va voyager avec des amis. Nous n'habiLerons plus ensemble désormais.

JESSIE

Je pars même tout à l'heure.

La porte s'ouvre. Gabrielle Bignon, une amie à peu près du même âge que Bianca, mais%d* aspect bien moins élégant, entre, tenant un carnet à la main.

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