ACTE TROISIÈME
Pas du tout. Argentin, n'est-ce pas ?
SANTIAGO
Pour vous servir.
SERGE
C'est de ma part un adieu définitif. Je pars dans un instant. C'est pourquoi je me suis permis de frapper à votre porte.
MAX
Et vous ne reviendrez pas sur la Côte ?
SERGE
Pas de cette année.
M AD Y
La saison est finie.
MAX
Vous partez en auto ou par le train ?
SERGE
En auto !... Mais ne vous dérangez donc pas... Restez à votre jeu. Je ne fais que vous serrer la main.
M AD Y
On a toqué à votre porte en passant dans le couloir, mais faut aller retirer sa chienlit.
PASSEROSE
Il étudiait un coup, le petit, il nous bourrait le crâne !
Défiez-vous !
PASSEROSE
Surtout qu'il a une de ces poisses !...
SERGE
Ecoutez, je vous propose six tours de roulette... six, pas un de plus !
MADY
A condition que j'aie de l'argent dans mes poches de Pierrot.
COLETTE
Je t'en prêterai...
JESSIE
Ça va ? Allez-y... allez-y, pontez !... J'ai des jetons d'un louis !
PASSEROSE
Vous feriez mieux de jouer des sous.
SERGE
De cette manière je dirai adieu à la fois à Nice et à Monte-Carlo ! Une chaise.
SANTIAGO, désignant une chaise.
Voilà.
Je vous en prie...
Les deux hommes, à Vavant-scène, saisissent la chaise ensemble.
SANTIAGO, bas.
Quelle drôle d'idée vous avez eue là ! Et si on leur prend de la galette, à ces pauvres malheureux qui ne roulent pas sur l'or ? Lui m'a déjà emprunté trois cents francs avant-hier au bac.
SERGE
Miii pour leur laisser quelques coupures que j'ai proposé ça !... Il y a la manière ! Si elle vous ennuie, ne jouez pas.