ACTE TROISIÈME
pour que le collier fût proportionné à notre appa- I rence.
MAX, qui fait glisser les perles dans ses doigts, une à une.
Tiens !
JESSIE
Quoi ?
MAX
Je n'avais pas remarqué !... Il y a un nœud entre chaque perle.
Eh bien ?
MAX
Ça se fait aussi pour les perles fausses ?
JESSIE
Naturellement.
PASSEROSE, vivement.
Vous avez encore ramassé soixante-quinze louis... C'est Chavres qui s'est fait rincer... Les autres doivent être à flot... Ce qu'il joue mal, cet homme-là !
MAX
Dis donc, Jessie ?... Il n'y en a que quarantedeux... Il en manque quatre...
JESSIE
Tu avais donc compté ?
MAX
C'est toi qui, en revenant l'autre semaine d'acheter cette verroterie, a dit : il y en a quarantesix.
JESSIE
Oui, j'en ai laissé tomber quelques-unes l'autre jour, dans la foule ; le fil s'est cassé. Donne.
i5o LA POSSESSION
MAX
Voilà.
Elle passe dans la chambre.
Tu n'as pas besoin que je t'aide ?
JESSIE, de la chambre.
Merci... ça s'enlève tout d'une pièce !
PASSEROSE, à Max, tenant l'argent.
Les trois mille huit cents francs d'hôtel, plus soixante-quinze louis. Où faut-il mettre ça ?
MAX
Laisse le tout sur la table... Il y avait beaucoup de monde à Monte-Carlo ?
PASSEROSE
Peuh !... à la roulette encore pas mal... mais personne au trente et quarante comme toujours i
MAX
Il paraît que tu as pris le train sous la pluie pour revenir ?
PASSEROSE
Moi ?
MAX
Santiago Oliver m'a dit qu'à quatre heures il y avait eu un orage effroyable el qui dure encore, parait-il, à Monte-Carlo !
PASSEROSE
Ah ! oui, quelques gouttes... ]^ me rappelle... Je suis descendue .si vite de la terrasse pour ne pas rater le train !