UN PEU TOUT LE MONDE
Mais comment donc...
DARTIER, à sa fille.
Quel tapeur!... Nous allons lui en prendre pour vingt sous... Je ne lui devrai plus que quatre cent quatrevingt-dix-neuf francs.
GENEVIÈVE, qui est descendue sur le devant de la scène,
où f^algy e'pinglc son chapeau.
Permettez-moi, mademoiselle, de vous dire toute mon admiration sincère.
VALGY.
Oh! madame!
GENEVIÈVE
Je n'avais pas encore eu l'occasion de vous féliciter de votre beau talent... mais j'ai entr'aperçu deux ou trois fois ce que vous faisiez dans la pièce démon mari.
VALGY.
Je suis confuse, madame... et très flattée.
GENEVIÈVE
Vous aurez un succès personnel, énorme... D'ailleurs, vous y êtes habituée.
VALGY.
Oh I mauaine !...
GILLET, à Paillette, pendant quon place des billets dans le fond, en lui montrant Geneviève et Valgr. Paulette?... regarde.
PAULETTE
Je vois...
GILLET
C'est tordant.
PAULETTE
C'est ridicule... Demieulle pourrait bien éviter à sa femme des situations grotesques...
GILLET
Non, mais regarde-les. Madame ma chère!... {A ce ornent, Félix est passé près d'eux.) Ça y est! Nous i>mmes pinces!... L'ami a entendu.
PAULETTE
Il ne mouchardera pas.
GILLET
Non, il s en privera 1... surtout qu'il a une tête à être inoureux de la dame... Tiens, justement...
(// lui fait signe de regarder Félix.}
FÉLIX, visiblement énervé, appelant.
Geneviève !
GENEVIÈVE, à Valgr, continuant sans se retourner. Et VOS dernières robes étaient d'un goùl !
VALGY.
Eh bien, figurez-vous, c'est une petite couturière de rien du tout.
GENEVIÈVE
Vraiment?
FÉLIX, appelant plus fort.
Geneviève, venez- vous?
GENEVIÈVE, toujours sans se retourner.
Vous me donnerez l'adresse... Elle n'est pas très hère?...
As.^ez... mais en venant de aia part...
FÉLIX, se rapprochant, à Geneviève, à voix ba^se. Venez... je vous dis de venir.
GEIHEVIÈVE.
Pourquoi ? [Elle se retourne aimablement vers Vai}^) r/ui allait s'ccartcr.)'VnuH descende?, nvec nous, n'est-ce pas, mademoiselle .
FÉLIX, O'^iU-, i<iiijonr> v i',/.r Dusse.
Pour l'amour de vous-même, voulez-vous venir! .. Votre place n'est pas ici...
GENEVIÈVE
Pourquoi ?
FÉLIX
Parce que... parce que vous vous rendez ridiculr. . parce que vous ne voyez pas ce...
GENEVIÈVE, lui mettant la main dci'ant la bouche. Chut! mon ami... Qu'est-ce que vous alliez dire! [Elle le regarde fixement.) Votre amitié aura failli une fois manquer de tact... voilà tout. Mais ne recommencez plus... [Elle va vivement au groupe qui se dirige à ce moment vers la sortie de gauche en bavardant , et où se trouve son mari. ) Relève le col do ton pardessus, mon chéri, j'ai peur que tu attrapes froid.
ANDRÉ, souriant.
Maman, va !
PAULEÏTE.
A demain, l'auteur!
ANDRÉ
A demain... Eh bien, Félix?
FÉLIX, ((ui est resté sur le devant de la scène, rc'veui . Oui, oui... Allons !
GYSÈLE, en disparaissant dans les portants, à Geneviève. La pièce de monsieur Demieulle sera un triomphe.
DARTIBR, mettant le bras sur l'épaule d'André. \h ! mon cher, voire directeur me le disait encore à minute : « Lo mlu-o d • Di^mieuUe? C'est une mer- ,11e! .
LN ACTi:;i;u, (i un autre.
Bonsoir.
K.MMA.
Au revoir, vieux.
GILLET, au régisseur, i Je ne viendrai pas demain, je te préviens... J'ai une petite bonne femme délicieuse à promener demain...
SICAULT.
T'as raison... Ne le la foule pas... Ah! les acteurs '■'lies !
vomON, à Gillet.
Tiens, veux-tu m'aider à enfiler ma manche?... {Enfilant son pardessus.) Bonsoir.
(On s'en va.)
UN AUTRE, au régisseur.
Fatigué, hein ?