SCENE IV PIERRE. MADAME HEIMAN
PIERRE, l'aperçoit du salon et vient ii elle. Eh bien! avez-vous échangé des sympathies avec madame Dessandes ?
MADAME HEIMAN.
Oui, je la trouve très curieuse... attirante extrêmement.
PIERRE
Peuh ! pas plus que tout le monde... Elle a ses défauts et ses vertus.
MADAME HEIMAN.
Et puis des idées larges... droites... tout de même particulières.
PIERRE
Une nuance entre la veuve et la vieille fille. C'est vrai, tout de même, qu'elle est très dame ! Ce sera plus tard la vraie dame européenne, un peu libérale, un peu ennuyeuse.
MADAME HEIMAN, riant.
Taisez-vous donc, vous êtes son meilleur ami.
Mais si je n'étais pas son meilleur ami, je ne me per-
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met Irais pas de parler ainsi. N'est-ce pas qu'elle a un visage délicieux, un visage qui vous saisit dès l'abord rame certains parfums... La petite aussi est intéresnte... vous verrez ! [Ironique.) Ah ! ce sont deux sœurs complies. Je ne sais pas ce que cela veut dire au >te, mais l'expression me plaît. Elles sont « accom- .ies ».
M. \ DAME H El M AN.
Y a-t-il longtemps qu'ils s'aiment?
PIEBRE.
Ce détail les regarde exclusivement. S'ils s'aiment, ce doit être depuis longtemps, sinon c'est une vieille amitié qui... qui... s'achève... {Sourire.) C'est très peu intéressant.
MADAME HEIMAN.
Maintenant, un conseil, Pierre. Dans notre position, "Victor et moi, ne devons-nous pas...
PIERRE, haussant les épaules.
Penh ! [elle est au-dessus de ces préjugés. Allez en confiance... Et, (juant à moi, il est temps que je file me coucher.
MADAME HEIMAN.
Déjà?
PIERRE
Mais oui, ma chère; vous n'avez pas l'air de vous douter que je prends le paquebot demain à Bordeaux. J'en ai pour plusieurs jours de langage.
Ah bah! personne ne m'avait prévenue. Le tour du monde ?
PIERRE, vague.
Un voyage de quelques mois. Je vais aller jouer au lazzo, chez un oncle, dans l'Amérique du Sud.