‹ Théâtre completChapitre 150 sur 225 · LA VOIX DE RICHARD · texte numérisé non relu

LA VOIX DE RICHARD

Dépêche-toi... Je vais vous déposer en voiture...

{Paulot les rejoint en courant^ et la porte de gauche reste ouverte derrière lui. Irine-^ qui ne s'est pas leçée de tout ce temps^ le livre sur les genoux^ et à gui d'ailleurs cette petite seine a échappé complètement^ reprend sa lecture... La lampe éclaire sa nuque penchée et ses épaules blondes. Un temps s'écoule. Richard rentre à gauche^ il avait laissé son chapeau sur une chaise^ près de la porte. Il vient le reprendre. A son tour^ il considère sa

mère de loin. On dirait qu'il hésite... Puis, il se met à faire ce qu'il a pu faire à Georget tout à Vheure; il marche de la même façon, sur la pointe des pieds. De Voeil il se remémore le chemin parcouru par Vautre. Il fait exactement, pas à pas, tout ce qu'a fait Georget. On sent qu'il se reconstitue à lui-même la scène qu'il a surprise. Irène ne Centend pas. Quand il est près, tout près, à portée de souffle, derrière sa mè^e, on le voit nettement hésiter, puis faire comme un grand effort sur lui-même^ et, le cœur battant, il ose sur la nuque de sa mère un baiser qui n'est pas de fils, un baissr prolongé, qui la fait frissonner, toute, d'une délicieuse erreur. Elle renverse la nuque en arrière, sans une hésitation, sins un doute, livrant sa chair aux lèi>res de Vamant et on l'entend murmurer d'une voix chaule et imperceptible comme dans un soupir: « Chéri I » Une seconde... Les yeux de la mère et du fils se rencontrent. C'est brusque et I terrible. Ils sont pâles, tous deux, de ce qu'a d'effrayant l'éclair de cette minute et de cette méprise.)

RICHARD, simplement.

Bonsoir, maman.

(7/ sort, en mettant son chapeau, pendant que le rideau tombe.)

RIDEAU

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