PROLOGUE
KATUCHA
C'était mal, cela, Dimitri Ivanowi;ch, mais je ne vous en ai pas gardé rancune.
NEKLUpOFF, Cenlaçant.
Amour... {Se relevant brusquement.) Tu n'as rien ontendu?... Un bruit. {Ka'ucha rit.) Pourquoi ris-tu?
KATUCHA
Je ris, parce que vous n'êtes pas habitué; mais moi, je sais... vous voulez savoir ce que c'est?... ; C'est la gouvernante qui ronfle au-dessus.
NEKLUDOFF, riant.
.\h! bon! Ronfle, bonne vieille... Je ne suis plus habitué aux bruits de la maison... Et ceci, ce sont
les cloches, là-bas... (// tn à la fenêtre et rouvre
toute grande.) Oh! la belle nuit humide et chaude... Viens près de moi. Personne ne peut nous voir... Ecoute encore ce bruit étrange... C'est le printemps. C'est la glace de la rivière qui craque sous la lune...
KATUCH V
C'est le printemps, Dimitri.
(Ils regardent au dehors.) NEKLUDOFF
^ coûte, im coq chante déjà... D'autres lui répondent, là-bas... Comme c'est doux!... Rien. ■ rien que la ri\4ère qui continue son fracas, là-bas
derrière les arbres... Tiens! il y a donc encore des gens à la ferme ?
(Il se penche.)
KATUCHA
Oui, les paysans du village voisin qui sont venus raccompagner ceux d'ici... Ils sont venus pour le feu de Pâques, Dimitri.
Ah! oui! la grande flambée devant laquelle on chante des chansons; et, au refrain, tout le monde frappe des mains, en faisant tous bas un vœu.
KATUCHA
Et ce vœu-là est exaucé dans l'année, Dimitri.
NBKLUDOPF
Dis, dis-moi à l'oreille une de ces chansons... et tu feras im vœu au refrain.
KATUCHA
Je ne peux pas ..cela réveillerait vos tantes, Dimitri !
NEKLUDOFF
Non, tout bas, à l'oreille... Dis-moi tout bas la chanson qui porte ton nom, Catherine.
(Alors Katucha, les mains jointes, se met à chanter.)