‹ Théâtre completChapitre 52 sur 225 · LA GARDE-BARRIÈRE · texte numérisé non relu

LA GARDE-BARRIÈRE

La fille du diacre?

LA BEAUTÉ

Ah! oui... C'est la fille d'un diacre, qui a noyé son enfant... il n'y a pas moyen de la faire changer. Elle va comme ça, d'un mur à l'autre, ne parlant à personne, jamais... A chaque fois qu'elle arrive au mur, elle grogne et puis se retourne... Hé, l'ours ! va-t'en un peu du côté du dortoir, faire ta promenade.

(La femme interpellée s'arrête, regarde, pousse un grognement et s'en ça.)

U^E FEMME, à la Masloiva.

Dire qu'ils tont condamnée! Moi qui croyais qu'on allait t'acquitter.

LA GARDB-BARRIÈRE

Jamais je n'aurais cru cola... Nous croyions qu'on allait te mettre en liberté tout de suite... Ça arrive, à ce qu'il paraît... On vous donne même de l'argent, des fois...

LA BEAUTÉ

Je te l'avais toujours dit : choisis un avocat habile. '

UNE FEMAfB

Et alors, quoi? La Sibérie? Et pour combien de temps...

UNE AUTRE FEMME

Vingt ans.

(Elles se sont toutes rapprochées.) LA BOSSUE

Mon Dieu ! mon Dieu I

L'ENFANT, s' approchant de ta Maslouta»

T'as du pain, la dame, t'as du pain?

LA BOSSUE

Mon Dieu, mon Dieu, tout de même !

(La Masloiva éclate en sanglots,) LA VIEILLE

Allons, allons, la petite, ne te fais pas de bile, va I Quoi ? on n'en meurt pas...

LA MASLOWA, murmurant comme une enfant.

Les travaux forcés!...

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