SCÈNE III MATRENA et MATROBLA
MATROBLA
Qu'est-ce que ça peut bien te faire, Matrena, que Katucha soit sur le siège de la voiture?
MATRENA
Cette petite finira par commander ici. Ces demoiselles lui rendent le plus mauvais service. Il était convenu qu'on l'élévevait comme une femme de chambre, et voici, q^u'elle n'est ipïuaf femme de chambre et qu'elle sera bientôt demoiselle. C'est ridicule! On. ne l'appelle plus Katia^ on l'appelle Katucha... Et tu verras que d'ici peu il faudra l'appeler Katinka, ma parole, comme une grande dame ! ^
MATROBLA
Eh bien, Matrena, ne te fâohe pas rouge coraraie
pnoi.orxUE \7
\m dindon. Quand tu naïuas plus de voix pour commander et que nous serons toutes les deux là-bas, à labourer la terre avec le dos, il faudra bien quelqu'un po^uf te remplacer au château.
MATRENA
Une fdle de porchère, de porchère, qui sans moi sérail morte, dès son premier jour, dans la paille et le fumier!
IfATROBLA
Eh bien, maintenant, elle est sur le siège de la voiture. Matrena... Il faut en prendt« ton parti.
Tiens. «'Monît' les clochr-a.
MAUttN A
Est-ce que Dimitri Ivanowi oh est aussi avec ux?
MATROBLA
Non, il a fait Sfllcr 1 cheval, son vieux
cheval de promenade li ...c. lois, et il est allé tout seid... (.1 la fenêtre.) Vions vofr, viens voirl Regarde les lanternes, là-bas. Ils sortent de l'église... Regarde comme c'est joli!... Les uns rentrent ici, les autres là... Oh! ces deux lanternes qui vont si vite, ce doit être déjà celles de la voiture... Oui... oui... Écoute les chants... comme c'est
beau! {On entend (es chants qui se rapprochent. )TieTiSf
la lune commence à se lever.
MATRENA, mau^réj.nt.
A cette, heure-ci !
iS RÉSURRECTION
MATROBLA
Que veux-tu, ce n'est pas de sa faute 1 Excuse-la , Matrena... Tu n'as pas la prétention de commander à la lune... même si elle s'est mise en retard ?
MATRENA
Au lieu de faire des réflexions saugrenues, tu devrais bien descendre recevoir les maîtres. Voilà la voiture qui est devant le perron.
MATROBLA
Tu as raison
MATRENA
Va vite... J'allumerai le samovar de Diinitri Ivanowich. Il doit être si fatigué du voyage qu'il sera bien aise de se coucher rapidement, après avoir pris un verre de thé bien chaud.
(Matrena reste seu'e, elle alluma le samovar, va à la fenêtre, é:oule les chants, puis i>a se mettre à genoux devant Vicône et ré:ite une prière. Un grand temps.)
UNE VOIX, dans l'escalier.
Passe, mon chéri.
AUTRE VOIX, dans Vescalier.
Prends garde à la marche, mon chéri.
NEKLUDOFf, au dehors.
Oui, oui, je me souviens.
(Entrent Neklui'oJ et ses dcut tantes.)
PIIOLOGUK
SGKNE IV