SCENE IV Les Mêmes, NIKHINE, LE GARDIEN
NEKLUDOFF
Laissez-la, je vous prie... cela me regarde... Eloignez-vous une minute encore, je vous prie.
NIKHI-NE
Que s'est -il passé?
NEKLVDOFF, pendant qu'on entend toujours la Masîowa.
Ah! mon ami, c'est une créature morte à jamais !... Ah ! comme la vie nous de mine ! Je m'imaginais naïvement qu'elle allait en me retrouvant tomber à genoux... Elle n'a vu en moi qu'un client... elle m'a accueilli d'un sourire at d'une œillade écœurants, puis un flot de haine lui est monté à la gorge, elle m'a craché son soufïle de femme ivre avec des mots hideux... Ah! quelle nausée !
NIKHINE
Comment pouvait-il en être autrement? C'était folie de supposer autre chose. Vous vous engagiez dans une voie fausse contre tout bon sens. Ce serait absurde {Montrant la Maslowa) ; voilà la vérité, tenez... Reculez. Il en est temps encore.
(La Maslowa se traîne jusqu'à sa boite où elle s'assied, écroulée et pleurante.)
NEKLUDOFF
Que dites-vous?... Mais pour la première fois, au contraire, se dresse devant moi toute l'immensité de ma responsabilité devant Dieu. Je sens que c'est à cette minute que doit se faire le choix décisif de ma route... et toute ma vie va dépendre de mon acte... Elle a peut-être tué le souvenir à coups de pierres, la malheure use... 'peut-être dortil en elle, au fond, prêt à ressusciter... Laissez, laissez... je suis ici pour elle... et pour l'idée!... {Se
rapprochant de Maslowa affalée sur s s genoux et prostrée avec encore des sanglots de fin d'ivresse dans'la gorge.