ACTE QUATRIÈME
LA MASLOWA
Du thé pectoral... L'infirmière vous fait dire d'ouvrir la petite pharmacie dont vous avez la clé.
OUSTINOW
Du thé pectoral?... Je ne sais pas s'il y en a encore... je vais regarder... attends.
LA MASLOWA
C'est pour le poitrinaire du six.
OUSTINOW, ouvrant la pharmacie.
Quel est ton nom au juste?
LA MASLOWA
Maslowa.
OUSTINOW
Hé! hé!... dis donc, tes clients ne devaient pas s'embêter ... Où étais-tu en maison?... à Moscou?
LA MASLOWA
Oui.
OUSTINOW
On dit qu'il y a un de tes anciens chents qui t'a. dans la peau, et qui essaie de te faire sortir de prison... C'est vrai?
LA MASLOWA
L'infirmière attend.
OUSTINOW, ss rapprochant à voix basse.
Tu sais, malgré la surveillance, on peut s'amuser tout de même... Puisqu'on t'a placée à l'in-
firmerie, profites-en!... Le soir, c'est facile... je t'enseignerai le moyen... Tiens, voilà le paquet... Veux-tu que je prépare la chose ?... {Il arrange la théière.) Ah! pardine, qu'on ne doit pas s'embêter avec toi... hein ?... Ecoute, je t'avais remarquée dé^à depuis plusieurs jours... Si tu veux, ce soir, je pourrai te donner la clé du petit corridor à ma chambre... je t'attendrai.
LA MASLOWA
Laissez-moi.
(Elle le repousse.)
OUSTINOW
En voilà des manières 1
LA MASLOWA
J'ai fini... allez-vous-en.
OUSTINOW
Voyez-moi ça!... On dirait peut-Ttre que ça n'a pas l'habitude... tu ne faisais pas tant de façons làbas !... Je t'aurais eue pour 40 kopecks, ma fille !... Allons, pas de façons... Je t'ai dit que tu me plaisais...
LA MASLOWA, se contenant.
L'infirmière va s'impatienter.
OUSTINOW
Un gaillard comme moi, ça ne se refuse pas
dans ton métier. {Il s'approche et lui p-end la taille.) Ce soir à huit heures tu viendras... je veux, je te dis... On s'amusera ensemble, tu verras.
(Il la saisit brutalement.)