ACTE QUATRIÈME
MASLOWA, fièrement.
Inutile. Vous perdez votre temps à me parler ainsi.
NEKLUDOFF
Espérons qu'à Pétersbourg votre affaire sera examinée.
MASLOWA
Oh! que cela soit ou ne soit pas, à présent, ça m'est égal.
NEKLUDOFF
Pourquoi dites-vous, à présent ?
MASLOWA avec un ges'.e vague.
Pour rien.
NEKLUDOFF
En tout cas, voici où en sont les choses. Vous allez être probablement désignée pour le premier convoi qui va partir le dix de ce mois. Je vous suivrai en Sibérie. Je vous retrouverai aux haltes successives que vous ferez. J'espère me rendre utile à vos compagnons. Vous ne me reverrez pas d'ici Nijni-Novgorod, probablement, où je rejoindrai votre convoi, car je compte retourner à Pawlowna. à notre petite ville... Mes deux tantes viennent de mourir à quinze jours de distance.
MASLOWA
Ah!... elles sont mortes?
NEKLUDOFF
Oui. J'irai demain donc àPawlowna.(-îtVcncc.pu's
ba^.) Est-ce là qu'a été... mis... l'enfant... Vous le rappelez- vous ?
(Silence.)
MASLOWA
Au cimetière... à gauche... dans la grande allée. (Silence. La Maslowa retient ses larmes.) NEKLUDOFF
Pensez à tout ce dont vous aurez besoin pour la route.
MASLOWA
Je n'ai besoin de rien, merci.
NEKLUDOFF
Eh bien... alors... adieu?...
MASLOWA
C'est cela, adieu...
NEKLUDOFF
Vous n'avez plus rien à me dire avant votre départ ?
MASLOWA
Non... Si... Il y a la petite Fédosia qui voudrait bien vous remercier de l'avoir fait mettre ici... Vous ne l'avez pas vue, en entrant?... Elle est là...
NEKLUDOFF
Faites-la venir.
MASLOWA ca à la porte et appelle.
Fédosia... Fédosia...