‹ Théâtre Complet IIChapitre 12 sur 203 · ACTE PREMIER - Senile MIB · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER - Senile MIB

jure ET r LANOIX, lisant de nouveau. — « L’on ne force pas les sentiments! Nous ne sommes pas faits l’un pour Vautre!... »

JULIE, éclatant de rive. — Ah! que c’est drdle!

LANOIX. — Elle est bien bonne.

JULIE. — Comment, vrai! vous ne m’aimez pas?

LANOIX. — Ni vous non plus?

JULIE. — Ah! que je suis heureuse!

LANOIxX. — Et moi donc!

JULIE. — Dites donc, mais je devrais me froisser... que je ne vous aime pas, mol, je le comprends... mais vous, ¢a me vexe...

LANOIX, — Je pourrais vous en dire autant.

JULIE. — Mais, n’ayez pas peur, je ne vous en veux pas... Au fait,

dites donc... vous n’avez plus votre tic?

LANOIX. — Mon tic?

JULIE. — Oui, vous savez bien, comme ga...

Elle imite Lanoix quand il tourne la langue.

LANOIX. — Ce n’est pas un tic,...c’est une précaution... C’est maman qui me l’a ordonné..

JULIE. — Ah! bien. C’est comme moi, mon... « une, deux, trois, quatre... » C’est une recommandation de papa... Ah! bien, j’aime autant ca, je me disais : Oh! pauvre jeune homme...

LANOIX, — C’est comme moi, Je pensais: c’est pas possible, elle a avalé un métronome!

JuLie. — Ah! comme nous allons nous entendre maintenant que nous

ne nous épousons plus.

Ils gagnent la droite.

LANOIX. — Je crois bien!... (Yendant la main.) Amis?

JULIE. — Amis. Et maintenant, soyons diplomates... jusqu’a nouvel ordre, pour tout le monde nous restons ce que nous sommes... c’est le seul moyen de conserver notre liberté, et nous aurons tout le loisir. de prendre une décision.

LANOIX. — Entendu,... donc, comme si de rien n’était...

JULIE. — Attention! voila ma belle-mére.

LANOIX, saluant Marthe qui entre de gauche. — Madame... MARTHE, entrant de gauche. — Ne vous dérangez pas... ne vous

dérangez pas. Dis donc, tu n’as pas vu le ténor, fillette?

JuLie. — Non.

MARTHE. — Je le cherche... il faut que je lui rende ses six sous... Voyons, il n’y a pas un morceau de papier pour envelopper... c’est plus convenable pour remettre de l’argent.

LANOIxX. — Allons, c’est convenu... nous restons fiancés aux yeux oe monde... Et maintenant (/mitant Julie.) une, deux, trois, quatre...

i 23,74 4. Je vous demande la permission de vous quitter.

’ FULIE, tournant sept fois sa langue. — Mais faites donc, cher monsieur !

LANOIX, passant au deuxieme plan. — Elle est charmante. JULIE. — Il .gagne beaucoup comme ami.

Elle remonte.

MARTHE. — Vous partez, monsieur?

LANOIX. — J’y suis forcé, madame,... car... ma mére.., m’attend!

Il sort par le fond avec Julze.

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