SCENE XVII LES MEMES, VATELIN
VATELIN, entrant. — Oh! ma chére amie! te voila! Eh bien! il m’en tombe une tuile! :
LUCIENNE. — Ah! vraiment! quoi donc?
PONTAGNAC, @ part. — Vas-y, mon garcon, vas-y!
VATELIN. — Une dépéche, figure-toi, une dépéche qui me force 4 quitter Paris ce soir méme par le train de huit heures.
LUCIENNE, @ part. — C’était vrai!
VATELIN. — Et 4 aller 4 Amiens pour l’ouverture d’un testament.
LUCIENNE. — Oh! gredin! (Haut.) Mais ne peux-tu te faire remplacer par un de tes clercs?
VATELIN. — Oh! non, impossible!... On désire que j’assiste en personne,
LUCIENNE. — C’est bien! va, mon ami, va! business is business! comme dit ton anglais. fad VATELIN. — Evidemment. Ah! je suis bien contrarié!
LUCIENNE. — Tartufe, va!
VATELIN. — Je te demande pardon, des dépéches a faire porter! Il sort par la droite.
PONTAGNAC. — Eh bien! étes-vous édifiée?
150 | LE DINDON Aaa
LUCIENNE. — Oh!... je ne vois que trop clair... Oh! le misérable!... Lui que je croyais un des rares maris fidéles, le voila! comme les autres! C’est bien, monsieur Pontagnac, je vous attends ce soir, et si j’ai la preuve de ce que vous me dites, ah! je vous jure bien, je vous jure qu’une heure aprés... je sera vengée!...
PonTAGNAC. — Ah! merci!... (A part.) C’est un peu canaille ce que j’ai fait 1a,... mais bah! j’ai une excuse, c’est pour avoir sa femme. (Haut.) A ce soir!
Il sort vivement par le fond.
LUCIENNE, se dirigeant vers sa chambre. — A ce soir!
RIDEAU