SCENE XI LUCIEN, DORA
LUCIEN, zzant. — Cet homme est horrible!
Dora. — Horrible!... Mais qu’est-ce que tu me disais donc quand il est venu nous interrompre?... Ah! oui, tu me parlais de la lettre...
LUCIEN, @ part. — C'est elle qui y revient... (Zaut) Oui, je te parlais de ma lettre... Ma lettre! Ah! il a fallu, pour que je prisse la pénible détermination de t’écrire, que j’y fusse réduit par une cruelle extrémité...
Dora. — Ah! mon Dieu!... Je vois ce que c’est!... C’est une, rupture!
LUCIEN. — Hein! une... Ah! 1a... comme tu y vas!... Une rupture? Non... une séparation tout au plus...
Dora, éclatant. — Allons donc!... dis-le donc... Oh! je sentais bien que tu ne m’aimais plus depuis quelque temps... Va! on n’abuse pas une femme qui aime!... Je vois clair 4 présent.
LUCIEN, @ part. — Aie! aie!... Voila ce que je craignais! Dora. — Et moi qui me disais : Cette lettre est une surprise... une attention pour mes vingt-deux... ou trois ans. Ah! bien, oui!... Mon-
sieur, n’écoutant que sa satiété, foulant aux pieds les sentiments les plus sacrés de l’amour, s’inquiétait peu de briser un coeur assez naif pour aimer.
LUCIEN, @ part. — Aie! aie! aie! aie!
Dora. — Oh! béte!... béte!... trois fois béte la femme qui se laisse séduire par ces suborneurs que vous étes tous!... On me |’avait bien dit, l’homme aime avant, la femme aprés... Vouila!...
Elle tombe assise sur une chaise.
LUCIEN, @ part. — Quelle est embétante!... (Zaut) Voyons, Dora! (se mettant a genoux devant elle) Dora, calme-toi!...
Dora, — Laissez-moi, Monsieur.