ACTE DEUXIEME-SCENEXI —
Tiburce entre a maitres causer,
ce moment et attend en voyant ses
PACAREL. — Comment veux-tu qu’on gi un ténor qui n’a pas de voix..
TIBURCE, — Je demande pardon 4 Monsieur, mais dans tous les
commerces, il y a toujours un moyen de requinquer les rossignols.., Ainsi mon pére, qui était maquignon, quand il avait une rosse 4 vendre... il lui mettait un grain de gingembre sous la queue et ¢a faisait l’affaire... J’ :ndique ce remade 3 a Monsieur..
PACAREL, — Je vous remercie, si vous n’avez que cela 4 me proposer... TIBURCE. — Dame!... pour le moment, mais je venais dire 4 Monsieur... que M. Lanoix était 1a. , PACAREL. — Faites entrer.
TIBURCE. — Bien, Monsieur. Tiburce introdutt et se retire.
LANOIX, saluant. — Futur beau-pére... future belle-mére... MARTHE, vexée. — Future belle-mére...
PACAREL. — Vous venez pour votre fiancée...
LANOIX, — Oui, figurez-vous, je n’ai pas de chance; je l’ai attendue au grenier, elle n’y était pas.
PACAREL. — Elle est au jardin.
LANOIX, @ part, — Attention a ne pas dire de bétises... Le reméde a maman... (/] tourne sa langue sept fois.) Je lui apporte ce bouquet (Méme jeu), a ma fiancée (Méme jeu), je serais.si heureux de la voir. MARTHE, se levant. — Qu’est-ce qu’il a?
PACAREL, se léve aussi, — Tiens, ca vous arrive souvent? (A fart.) Julie me |’avait bien dit. Je ne m’en étais jamais apercu,.. MARTHE, — Si vous voulez voir Julie... Elle est au fond du jardin... elle regarde tuer les hannetons.
Elle se rassied et brode.
LANOIX, tournant la langue. -- Vous en avez beaucoup de hannetons?
PACAREL, @ part. — Ah! mais... il est crispant avec son tic. (Haut.) Et il n’y a pas de reméde a ¢a?
LANOIX. — Si... on prend de l’eau bouillante et on échaude... ¢a tue radicalement... j PACAREL. — Hein! En voila un traitement... Non, moi, je connais un autre moyen. . J’ai entendu parler d’une spécialité... d’un nommé Démosthéne, qui mettait des petits cailloux... Vous pourriez essayer...
LANOIX. — Pour les hannetons?..
PACAREL. — Mais non!... pour votre machin, la...
Il Pimite.
LaNnoix. — Oh! pour mon... Oh! ga... ga n’est rien... Ne vous
inquiétez pas... Allon’... je vais retrouver Mlle Julie. Fausse sortie.
PACAREL. — C’est cela... Ah! dites donc... pendant que j’y pense, vous n’auriez pas besoin d’un ténor?
LANOIX. —.Non... ma mére cherche un cuisinier.
PACAREL, — Eh! bien... voila!... je lui céderai mon ténor... il est trés solide... C’est un gaillard... il fait les courses...
LANOIX. — Mais un ténor...
PACAREL, — Oh!... il chante si peu...
LANOIX. — Qu’est-ce qu’il demande?
PACAREL, — 3.500 francs par mois, c’est pour rien... LANoIx. — Hein!.. pour un cuisinier!... Mais il est fou! PACAREL, — Sans le vin, ni le blanchissage... LANOIx. — A ce prix la... sous aucun prétexte... PACAREL, — Je te dis... personne... personne n’en voudra. LANOIX, -— Je me sauve!..
Zl se retire, fond droite.
PACAREL. — Enfin... si vous entendez parler, n’est-ce pas?