SCENE XIII RIBADIER, puis ANGELE
RIBADIER, seul. — Voyons ca! (Ouvrant la dépéche.) Thérése Savinet! C’est d’elle! Hein! Tout de méme si cette dépéche avait été remise ama femme! On cétoie tout le temps des précipices dans la vie! (Lzsant.) « Bébé » (Souriant.) « Bébé »... c’est moi! « Bébé, mon mari a été appelé brusquement en Bourgogne, pour acheter une récolte sur pied, ma soirée est libre, j’a1 donné campo aux domestiques, je t’attends a neuf heures! » (Regardant sa montre.) Sapristi! Neuf heures! Il est huit heures et demie, je n’ai pas de temps a perdre! (Voyant Angéle qui entre.) Ma femme! Elle arrive bien! (/2 élozgne le fauteuil de la table.) Je n’ai que le temps d’appliquer le grand moyen!
ANGELE, sortant de sa chambre avec une corbeille a ouvrage qu'elle pose sur la table. — Ton ami est parti?
RIBADIER. — Oui, il a regagné le pavillon! Eh! bien, tu ne me regardes pas... Tu m’en veux donc toujours?
ANGELE. — Moi? Oh! non... Je sais trés bien que tu ne me trompes pas.
RIBADIER. —- Mais regarde-moi donc dans les yeux! La, les mains dans les mains! (11 lui prend les deux mains.) Est-ce que j’ai lair d’un mari qui te trompe? Est-ce que je te regarderais comme ga si Je te trompais? Mais tu ne vois donc pas que je t’aime?
ANGELE, dont les yeux deviennent fixes sous l’impression de la suggestion et tombant dans un fauteuil. — C’est vrai?... Tu m’aimes?...
RIBADIER. — Mais oui... Je t’aime... (Voyant Angele endormie.) Ca y est! (Pompeusement au public, montrant Angéle.) Le systeme Ribadier! (S’adressant au portrait.) Ca n’est pas dans ton recueil, ¢a, mon vieux...