SCENE Vii RIBADIER, ANGELE
RIBADIER, — Et maintenant, ouvrons!
Il tire le verrou.
ANGELE, furieuse, un chapeau sur la téte et son en-tout-cas a la main. — Ah! ¢a! qu’est-ce que c’est que cette plaisanterie?... Vous n’entendiez donc pas?
RIBADIER, — Je n’ai- rien entendu!... Tu sors donc?
ANGELE, se dirigeant vers la porte du fond. — Oui.
RIBADIER, zmguzet. — Ou vas-tu?
ANGELE. —.Ot je vais? A ton Cercle, mon ami! Dire’de ‘ta part qu’on me réserve deux bonnes places pour ta représentation.
RIBADIER. — Mais tu n’y penses pas! D’abord les femmes ne sont pas admises 4 la représentation.
ANGELE, descendant. — Oui-da! Ah! ca! dis-moi donc? Est-ce que ca va durer longtemps cette comédie que tu me joues depuis une heure?
RIBADIER. — Plait-il?
ANGELE. — Est-ce que tu t’imagines que j’y ai cru un instant, et que je ne sais pas que tu viens de chez ta maitresse?
RIBADIER. — Moi?
ANGELE. — Qui, toi! Ah! Je vais t’en donner, moi, des maitresses ! Et d’abord, puisque c’est comme ga, dés ce soir, tout le monde saura que tu es'l’amant de Mme Savinet!
RIBADIER. — Malheureuse! Tu ne feras pas ¢a!
ANGELE. — Oh! Je me génerai!...
RIBADIER. — Mais elle veut me faire tuer! Je t’en prie, songe aux conséquences !
ANGELE. — Quelles conséquences? Savinet vous tuera! Eh, bien!
aprés? Sa femme en sera quitte pour prendre un autre amant, voila tout! Elle remonte.
RIBADIER, lui barrant le passage. — Angéle, tu ne feras pas ¢a! ANGELE. — Ah! C’est ce que nous verrons!
RIBADIER,. — Tu ne feras pas ¢a!