‹ Théâtre Complet IIChapitre 96 sur 203 · SCENE VIII LES MEMES, SOPHIE, puis GUSMAN · texte numérisé non relu

SCENE VIII LES MEMES, SOPHIE, puis GUSMAN

SOPHIE, entrant de droite, premier plan. — Monsieur, il y a Gusman...

RIBADIER. — Allez au diable, vous!

SOPHIE. — Hein?

GUSMAN, entrant. — C’est moi, Monsieur, je venais prendre les ordres pour atteler.

RIBADIER. — I] n’y a pas d’ordres, allez!

THOMMEREUX. — II n’y a pas d’ordres, allez!

GUSMAN, @ part. — De quoi se méle-t-il, 1’ami!

Il se retourne pour sen aller et laisse voir la patte de son gilet dont la boucle est absente.

RIBADIER, foussant un cri. — Ah!

Tous. — Quoi?

RIBADIER. — Regarde donc la boucle! Lui! Elle n’y est plus!

THOMMEREUX. — Hein? .

GuUSMAN, 2 Sophie. — Qu’est-ce qu’ils ont?

THOMMEREUX. — Le cocher!

RIBADIER, se précipitant a la gorge de Gusman et le fatsant passer au milieu. — Ah! misérable!

THOMMEREUX, méme jeu. — Assassin!

GusMAN. — Ah! Mon Dieu!

RIBADIER ET THOMMEREUX, le secouant. — Ah! cest toi! Ah! c’est toi!

GUSMAN. — Mais oui, c’est moi!

pee aa 114 LE SYSTEME RIBADIER

RIBADIER, froidement a Thommereux et ldchant Gusman. — Je vais Pétrangler.

GUSMAN ET SOPHIE. — Hein!

RIBADIER, 2 Sophie. — Laissez-nous!

GUSMAN. — Oui, Monsieur!

RIBADIER. — Voulez-vous rester, vous! (A Sophie.) C’est 4 vous que je parle! Allez!

SOPHIE. — Oui, Monsieur! (A part.) Qu’est-ce qu’ils vont lui faire, mon Dieu!

Elle sort a droite, premier plan. Thommereux fait asseoir Gusman sur le pouf:

RIBADIER. — Et dire que cet homme, 1a, le suborneur de... il] est 1a, le voila...

THOMMEREUX. — Le voila!

GUSMAN, @ part. — Qu’est-ce qu’ils ont 4 me dévisager!

Les voyant le regarder, il sourit pour se donner une contenance,

RIBADIER. — Regarde-le... il sourit... il a l’audace de sourire... Je vais le tuer!

GUSMAN, se levant et gagnant la gauche. — Hein! Eh! la!

THOMMEREUX, arrétant Ribadier. — Pas encore!... Avant tout, il faut savoir... l’interroger, sans avoir l’air...

RIBADIER. — Oui!

THOMMEREUX. — Il s’agit d’étre diplomate! Laisse-moi faire! J’ai été consul 4 Batavia.

RIBADIER. — Va!

THOMMEREUX, s’asseyant sur le pouf. — Avancez, vous! (Gusman S’avance craintivement.) Ah! ga! cocher! est-ce que vous ne seriez pas, pas hasard, le séducteur de madame...

RIBADIER, /’arrétant. — Hein! Veux-tu te taire! (// le fazt passer @ droite.) C’est ca que tu appelles de la diplomatie!

‘THOMMEREUX. — Comment, mais c’est trés fort! II allait étre pris!

RIBADIER, s’asseyant sur le. pouf. — Ah! Tais-toi! Tiens, laissemoi faire! (A Gusman.) Approchez! Connaissez-vous ¢a?

GusMAN. — La boucle de mon gilet...

RIBADIER, se devant. — Sa boucle! II la reconnait! C’est sa boucle!

GuSMAN. — Mais oui! Oh! bien, ce que je |’ai cherchée!

RIBADIER, le prenant au collet. — Ah! C’est ta boucle, gredin!

GusMAN. — Allons, bon! ¢a le reprend!

RIBADIER. — C’est toi, n’est-ce pas, qui escaladais cette croisée tous les soirs, quand je n’étais pas 1a?!

GUSMAN. — Monsieur sait!

RIBADIER. — Tout!

THOMMEREUX. — Tout!

RIBADIER. — Tu venais pour une femme, hein, tu venais pour une femme, allons, avoue!

GusMAN. — Oh! Monsieur... La galanterie... Je suis gentleman...

RIBADIER, 7éprimant un mouvement de colére. — Ouh!... Allons! Allons! Cinquante francs pour toi!

GUSMAN, digne. — C’est bien!

RIBADIER. — Alors, c’est toi qui venais ici dans l’obscurité?

GUSMAN. — C’était moi!

RIBADIER. — Tu avais bien soin de ne pas relever la lampe!

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