‹ Théâtre complet illustréChapitre 1 sur 198 · BRI TAN NI CD S · texte numérisé non relu

BRI TAN NI CD S

NOTICE HISTORIQUE ET ANALYTIQUE

La tragédie de Britannicus, très froidement accueillie, le 13 décembre 1669, sur la scène de l'Hôtel de Bourgogne, tomba dès la cinquième ou la huitième représentation. Si tout le monde dut reconnaître la beauté des vers, on critiqua l'action et les caractères. On se plaignit d'une sorte de froideur. Quelques-uns estimèrent les caractères sans nécessité psychologique et l'action relâchée vers sa fin. Mais, grâce à la faveur manifeste du roi et de la cour, un revirement se produisit bientôt. Britannicus devint la pièce des « connaisseurs», de Boileaa à Voltaire. Notons qu'elle semblait aiguiller Racine sur une voie nouvelle, par la peinture qu'elle tentait de la cour de Néron et par une fière émulation avec V énergie de Tacite. Corneille se voyait au moins égalé dans son propre domaine.

Acte Ier. — Agrippine voit Néron échapper peu à peu à son autorité. Il vient justement de faire enlever Junie, qu' Agrippine avait promise à Britannicus. La mère de l'empereur, venue chez son fils pour lui demander des explications, ne trouve que son gouverneur Burrhus et lui reproche de travailler contre elle.

Acte II. — L'autre gouverneur, Narcisse, qui trompe la confiance de Britannicus, excite Néron à répudier Octavie en faveur de Junie et à rejeter enfin le joug d' Agrippine. L'empereur permet à Junie de revoir Britannicus, qu'elle avoue aimer; mais il l'avertit qu'il assistera, caché, à l'entrevue et qu'elle pourra causer la perte de son amant en lui fai-

BRITANNICUS

sant paraître son amour. Aussi ne montre-t-elle que de la froideur au jeune prince qui la quitte désespéré.

Acte III. — Britannicus, à qui Agrippine vient de promettre son appui, apprend de Junie elle-même la cause de sa froideur simulée. Néron les surprend ensemble et, furieux de jalousie, les fait enfermer dans leurs appartements respectifs.

Acte IV. — En réponse à de longs reproches de sa mère, l'empereur lui promet hypocritement une soumission que les conseils de Burrhus sont bien près de rendre sincère et effective. Mais la ruse de Narcisse remet Néron sur la pente du crime.

Acte V. — Britannicus est parti joyeux au banquet de réconciliation, laissant Junie à de noirs pressentiments . Bientôt, en effet, nous apprenons par Burrhus l'empoisonnement du jeune prince, puis, par Albine, la mort de Narcisse, lapidé par le peuple, la retraite de Junie chez les vestales, et le désespoir de Néron.

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