SCÈNE VII : ROXANE, seule
De tout ce que je vois que faut-il que je pense ? Tous deux à me tromper sont-ils d'intelligence ? Pourquoi ce changement, ce discours, ce départ ? N'ai- je pas même entre eux surpris quelque regard ? Bajazet interdit ! Atalide étonnée !
O ciel ! à cet affront m'auriez-vous condamnée ? De mon aveugle amour serai ent-ce là les fruits ? Tant de jours douloureux, tant d'inquiètes nuits ; Mes brigues, mes complots, ma trahison fatale, N'aurais-je tout tenté que pour une rivale ?
Mais peut-être qu'aussi, trop prompte à m'affliger, J'observe de trop près un chagrin passager : J'impute à son amour l'effet de son caprice. N'eût-il pas jusqu'au bout conduit son artifice ? Prêt à voir le succès de son .déguisement, Quoi ! ne pouvait-il pas feindre encore un moment ? Non, non ; rassurons-nous : trop d'amour m'intimide. Et pourquoi dans son cœur redouter Atalide ?