ACTE IV
Je ne veux point douter de votre obéissance, Et crois que maintenant Bajazet ne vit plus. Je laisse sous mes lois Babylone asservie, Et confirme en partant mon ordre souverain. Vous, si vous avez soin de votre propre vie, Ne vous montrez à moi que sa tête à la main. »
ROXANE
Hé bien ?
ATALIDE
Cache tes pleurs, malheureuse Atalide.
Que vous semble ?
ATALIDE
Il poursuit son dessein parricide.
Mais il pense proscrire un prince sans appui : Il ne sait pas l'amour qui vous parle pour lui ; Que vous et Bajazet vous ne faites qu'une âme ; Que plutôt, s'il le faut, vous mourrez...
ROXANE
Moi, madame ?
Je voudrais le sauver, je ne le puis haïr ; Mais...
ATALIDE
Quoi donc ? qu'avec-vous résolu ?
ROXANE
D'obéir !
D'obéir.
ATALIDE
ROXANE
Et que faire en ce péril extrême ?
Il le faut.
ATALIDE
Quoi ! ce prince aimable... qui vous aime, Verra finir ses jours qu'il vous a destinés !
Il le faut ; et déjà mes ordres sont donnés.
ATALIDE
Je me meurs.
ZATIME.
Elle tombe et ne vit plus qu'à peine*