ACTE PREMIER
Je tremble à vous nommer l'ennemi qui m'opprime : J'espè ? toutefois qu'un cœur si magnanime Ne sacrifiera point les pleurs des malheureux Aux intérêts du sang qui vous unit tous deux. Vous devez à ces mots reconnaître Pharnace : C'est lui, seigneur, c'est lui dont la coupable audace Veut, la force à la main, m'attacher à son sort Par un hymen pour moi plus cruel que la mort. Sous quel astre ennemi faut-il que je sois née ! Au joug d'un autre hymen sans amour destinée, A peine je suis Lbre et goûte quelque paix, Qu'il faut que je me livre à tout ce que je hais. Peut-être je devrais, plus humble en ma misère, Me souvenir du moins que je parle à son frère : Mais, soit raison, destin, soit que ma haine en lui Confonde les Romains dont il cherche l'appui, Jamais hymen formé sous, le plus noir auspice De l'hymen que je crains n'égala le supplice. Et si Monime en pleurs ne vous peut émouvoir, Si je n'ai plus pour moi que mon seul désespoir, Au pied du même autel où je suis attendue, Seigneur, vous me verrez, à moi-même rendue, Percer ce triste cœur qu'on veut tyranniser Et dont jamais encor je n'ai pu disposer
xi phare s.
Madame, assurez- vous de mon obéissance ; Vous avez dans ces lieux une entière puissance : Pharnace ira, s'il veut, se faire craindre ailleurs. Mais vous ne savez pas encor tous vos malheurs.
MONIME
Hé ! quel nouveau malheur peut affliger Monime, Seigneur ?
XIPHARÈS
Si vous aimer c'est faire un si grand crime, Pharnace n'en est pas seul coupable aujourd'hui ; Et je suis mille fois plus criminel que lui.
monime. t
Vous !
XIPHARÈS
Mettez ce malheur au rang des plus funestes ; Attestez, s'il le faut, les puissances célestes