‹ Théâtre complet illustréChapitre 168 sur 198 · ACTE n · texte numérisé non relu

ACTE n

MITHRIDATE

Non, ce n'est pas assez.

Je vous entends ici mieux que ne vous pensez ; Je vois qu'on m'a dit vrai. Ma juste jalousie Par vos propres discours est trop bien éclaircie : Je vois qu'un fils perfide, épris de vos beautés, Vous a parlé d'amour, et que vous l'écoutez. Je vous jette pour lui dans des craintes nouvelles ; Mais il jouira peu de vos pleurs infidèles, Madame ; et désormais tout est sourd à mes lois, Ou bien vous l'avez vu pour la dernière fois. Appelez Xipharès.

MONIME

Ah ! que voulez-vous faire ?

Xipharès...

MITHRIDATE

Xipharès n'a point trahi son père :

Vous vous pressez en vain de le désavouer ; Et ma tendre amitié ne peut que s'en louer. Ma honte en serait moindre, ainsi que votre crime, Si ce fils, en effet digne de votre estime, A quelque amour encore avait pu vous forcer. Mais qu'un traître, qui n'est hardi qu'à m'offenser, De qui nulle vertu n'accompagne l'audace, Que Pharnace, en un mot, ait pu prendre ma place, Qu'il soit aimé, madame, et que je sois haï ?

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