SCÈNE PREMIÈRE : NÉRON, BURRHUS
BURRHUS
Pallas obéira, seigneur.
NÉRON
Et de quel œil Ma mère a-t-elle vu confondre son orgueil ?
BURRHUS
Ne doutez point, seigneur, que ce coup ne la frappe, Qu'en reproches bientôt sa douleur ne s'échappe. Ses transports dès longtemps commencent d'éclater : A d'inutiles cris puissent-ils s'arrêter !
NÉRON
Quoi ! de quelque dessein la croyez- vous capable ?
BURRHUS
Agrippine, seigneur, est toujours redoutable. Rome et tous vos soldats révèrent ses aïeux 1 ; Germanicus son père est présent à leurs yeux. Elle sait son pouvoir ; vous savez son courage ; Et ce qui me la fait redouter davantage, C'est que vous appuyez vous-même son courroux Et que vous lui donnez des armes contre vous.
NÉRON
Moi, Burrhus ?
BURRHUS
Cet amour, seigneur, qui vous possède..»
Je vous entends, Burrhus. Le mal est sans remède : Mon cœur s'en est dit plus que vous ne m'en direz ; Il faut que j'aime enfin.
BURRHUS
Vous vous le figurez, Seigneur ; et, satisfait de quelque résistance, Vous redoutez un mal faible dans sa naissance.
i. Var. Rome et tous vos soldats honorent ses aïeux (1670).