‹ Théâtre complet illustréChapitre 85 sur 198 · SCÈNE IV : TITUS seul · texte numérisé non relu

SCÈNE IV : TITUS seul

Hé bien, Titus, que viens-tu faire :

Bérénice t'attend. Où viens-tu, téméraire ? Tes adieux sont-ils prêts ? T'es-tu bien consulté ? Ton cœur te promet-il assez de cruauté ? Car enfin au combat qui pour toi se prépare C'est peu d'être constant, il faut être barbare. Sou tiendrai- je ces yeux dont la douce langueur Sait si bien découvrir les chemins de mon cœur ? Quand je verrai ces yeux armés de tous leurs charmes, Attachés sur les miens, m' accabler de leurs larmes, Me souviendrai- je alors de mon triste devoir ? Pourrai-je dire enfin : « Je ne veux plus vous voir »? Je viens percer un cœur qui m'adore, qui m'aime. Et pourquoi le percer ? Qui l'ordonne ? Moi-même ; Car enfin Rome a-t-elle expliqué ses souhaits ? L'entendons-nous crier autour de ce palais ? Vois-je l'État penchant au bord du précipice ? Ne le puis- je sauver que par ce sacrifice ? Tout se tait ; et moi seul, trop prompt à me troubler, J'avance des malheurs que je puis reculer. Et qui sait si, sensible aux vertus de la reine, Rome ne voudra point l'avouer pour Romaine ? Rome peut par son choix justifier le mien. Non, non, encore un coup, ne précipitons rien,

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