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Theatre Complet IV La Chatelaine L'Adversaire Monsieur Piegois

(Au lever du rideau, le domestique introduit de Méray. Lucienne et lui se serrent la main.)

LUCIENNE

Bonjour, monsieur.

DE MÉRAY

Bonjour, mademoiselle.

LUCIENNE, au domestique qui reste sur le seuil de la porte.

Voulez-vous dire à ma mère que monsieur de Méray est ici?

DE MÉRAY, à Lucienne.

Vous devinez ce que je viens faire, n'est-ce pas?

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LUCIENNfe, souriant.

Non.

DE MÉRAY

Vous ne devinez pas?

LUQENNE.

Puisque je vous le dis.

DE MÉRAY

Si, vous devinez.

LUCIENNE

Alors?...

bE MÉkAY.

Je viens demander votre main à monsieur votre père.

C'est tout?

DE MÉRAY

C'est tout pour aujourd'hui. J'ose me flatter

3ue vos sentiments à liioii é^ard n'ont pas changé epuis hier dans l'après-midi...

LUCIENNE

Ils sont les mêmes.

DE MÉRAY

Avez-vous amené adroitement la conversation sur moi à déjeuner, ce mutin, comme nous Tavions combiné?...

LUCIENNE

Mais oui. Mon père a dit qu'il iiVait une grande sympathie pour vous et que vous étiez un avocat d'avenir. 11 parait que vous avez très bien plaidé l'autre jour.

DE MÉRAY

Oui, je crois que ça n'a pas mal marché. Seulement, à Angers, les plaidoiries n'ont pas beaucoup de retentissement. J'ai des projets pour plus

ÀcTt I, àcÉNk I a

tard, vous verrez. Et qu'a répondu madame de La Baudière quand votre père a dit que j'avais de l'avenir?

LUCIENNE

Elle a répondu : « G'eël bifeil possible ».

DE MÉRAY

De quel ton a-t-ellfe répondu t5éla? Avec intérêt, ou négligeiiiment?

LUCIENNE

Négligemment.

DE MÉRAY

N'importe, j'ai de l^èspoir.

LUCIENNE

Moi aussi... Mais enfin, il ne faut pas nous dissimuler qu'elle est nldiiis bien disposée que mon père. Et ce serait très grdVë fei elle ilë voulait pas tout de suitej parce que^ quand elle a dit non, c'est non.

DE MÉRAY

11 me semble pourtant tjue dans une circonstance de éeltë gravité, moiisieùi* dé La tidiidière devrait être le seul juge. Madame de La Baudière n'est pas votre mère, elle n'est que votre bellemaman.

LUCIENNE

En effet, iriais elle ih'a élevée ë.vëc autant de dévouement que si j'étais sa fille.

DE MÉRAY

Ah! c'est une femme excellente, je ne dis pas le contraire, et très remarquable. Mais votre père n'a donc pas de volonté?

LUCIENNE

Si, il en a une, seulement c'est celle de ma mère.

(Entre madame de La Baudière.)

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