ACTE I, SCÈNE XI
MAURICE
Mon bon Chantraine, vous êtes exquis...
CIIANTRAINE.
C'est une jeune fille... d'une famille parfaite... Ce n'est pas une toute jeune fille... elle a vingtcinq ans.
MAURICE, pour dire quelque chose.
C'est un âge merveilleux.
CHANTRAINE.
Et je crois bien qu'elle... mais oui... qu'elle m'aime aussi...
MAURICE
Mais parbleu!
CHANTRAINE.
Elle connaît mon existence... je ne lui ai rien caché... et ça ne l'a pas détournée de moi, au contraire.
MAURICE
Et où est-elle, madame Chantraine? Elle est encore en province?
Non... non... je l'ai amenée à Paris où nous allons nous installer. Provisoirement, nous sommes dans mon ancien appartement... elle m'y attend. Je ne voulais pas vous l'amener avant...
MAURICE
Avant de m 'avoir fait faire une gaffe !
CtlANTRAINE, lui serrant U main.
Avant que vous ne m'ayez donné une nouvelle preuve d'amitié.
MARIANNE, à Chantraine.
Mais alors, madame Chantraine va dîner avec nous ce soir?
194 l'adversaire
CHANTRAINE.
Elle en sera bien heureuse, car elle ne me parle que de vous. Elle a une envie folle de vous connaître.
MARIANNE
Téléphonez-lui de venir tout de suite. Et tout à fait sans cérémonie, en famille...
CHANTRAINE.
Elle n'en sera que plus touchée...
UN DOMESTIQUE, annonçant.
Monsieur Henry Langlade.
MARIANNE
Maman, veux-tu conduire monsieur Chantraine?
(Chanlraine aort avec madame Grècourt.)