ACTE II, SCÈNE I
MADAME BRÉAUTIN.
Vous avez vu du monde?
LIMERAY.
J'ai rencontré ce matin, par hasard, un très haut personnage officiel qui m'a adressé discrètement ses compliments, en ajoutant avec un sourire : « Nous y comptions tous. »
MADAME BRÉAUTIN, à Bréaulin.
C'est clair.
BRÉAUTIN, sans comprendre.
Très clair.
BRÉAUTIN, à Limeray.
Et maintenant, qu'allez- vous faire?
LIMERAY.
Penh! Je vais lancer mon émission. Je ne retrouverai jamais une publicité pareille... Rien qu'avec les cens qui m'ont traîné dans la boue, il y a de quoi la couvrir vingt fois.
BRÉAUTIN.
C'est juste.
Seulement, il faut aller vite, très vite, profiter du bruit, l'accroître encore.
LIMERAY, à madame Bréaulin.
Que diriez-vous d'une grande fête pour l'inauguration de mon nouvel hôtel?...
MADAME BRÉAUTIN.
Oui... oui... excellente idée.
LIMERAY.
Où j'inviterais à peu près tout le monde...
MADAME BRÉAUTIN.
Parfait.
214 l'adversaire
LIMERAY, fiMmeni.
Mes anciens amis et les nouveaux...
MADAME BRÉAUTIN.
Surtout les nouveaux.
LIMEt^AY.
Oui. Je Compte sur une certaine curiosité.
MADAME ËtlÉAÙtlN.
Invitez donc les Darlay.
LIMERAY.
Avec plaisir... Je viens d^apèfcevoir madame Darlay... où est donc son mari?
MADAME BRÉAUTIN.
Il n'a pas pu venir au dîner... Je l'attends dans le courant de la sôii*éé... Invitez toujours sa féitiftie.
BhÉAUTIN.
Au fait, pourquoi n'est«-il pas venu dîner, notre ami Darlay?
MADAME BRÉAUTIN.
Il dînait, soi-disant, avec le directeur de la revue où il va publier je ne sais quel travail historique, sans intérêt probablement.
BRÉAUTIN.
Je le lirai. J'aime beaucoup Darlay.
LIMERAY.
Moi aussi !...
MADAME BREAUTIN.
Oui? Eh bien ! tU l'aimeras un peu moins quand tu sauras ce quïl dit pai^toilt de toi, de moi, de mon salon, de nos relations.
BRÉAUTIN.
Des potins.
MADAME BRÉAUTIN.
C'est ce qu'il y a de plus dangereux. Mépriser