ACTE III, SCÈNE I
MARIANNE
Je le suis toujours, plus ou moins.
MADAME GRÉCOURT
Mais non, nous ne sommes pas des nerveuses, nous. Nous sommes des actives, des agitées même, mais au fond des raisonnables. Voilà pourquoi il n'y a pas eu de bêtise sérieuse dans la famille depuis cinq ou six générations. Moi j'ai failli en faire une, il y a vingt ans, avec un monsieur qui ne s'en est jamais douté. Je ne me rappelle plus son nom. Nous sommes des épouses parfaites.
MARIANNE
Parfaites.
Je m en vais... (Passant près du guéridon et prenant
un livre.) Ah ! le livre de Maurice ! ... Il a paru et tu ne me le disais pas ?
MARIANNE
J'allais te le dire, il vient de paraître.
MADAME GRÉCOURT, lisant le titre et entr'oiivant le volume.
Tu Tas lu?
MARIANNE
Naturellement.
MADAME GRÉCOURT
Les idées modernes au seizième siècle. Ça me fait l'effet d'être très bien.
MARIANNE
C'est mieux que très bien.
MADAME GRÉCOURT
Tu m'en donneras un exemplaire pour lire dans le train?
MARIANNE
Oui, oui.
246 i/adversaire
MADAME GRÉCOURT
Quatre cents pages, et de cette dimension-là ! . . . Qu'est-ce que tu me chantais que Maurice ne voulait rien faire? C'est un travailleur, ton njari. Tu ne le connais pas. C*est effrayant à penser, on ne connaît jamais son mari...
(Elle sort par une petite porte à droite, pendant qu'au fond, h gauche^ entrent Maurice, Bréautin, Limeray, Langl&de et Chantraine.J