SCÈNE PkEMtÈhË
MAURICE, CHANTRAINE, BRÉAUTIN, MADAME BRÉAUTÎN, LIMBRAY, sont au fond.k prendre le café» -^ MARI ANNE j entre premier plan à droite et va, rasseoir sûr le canapé à gauche.
MAltlANNE, à Maurice qui i'eét approché d'elle.
Ah! c'est toi?
MAURICE
Qù'est-cë que tii àfe?
MARIANNE
Je viens de passer quelques jolies heures!... Je suis dans une inquiétude mortelle... obligée de répondre à des invités, de leur sourire... Tu comprends, n'est-ce pas? qu'envoyant repartir Langlade poUl* Paris, soUs uti prétexte quelconque... tu comprends que j'ai deviné? Vous allez vous battre?
MAUhICE.
fi\è t'occupe donc pas de ça !
272 l'adversaire
Tu peux bien me le dire!... Je te supplie de me le dire!... C'est vrai? D'ailleurs, je ne sais pas pourquoi je te demande ça... C'est fatal... c'est fatal!
MAURICE
Oh! mon Dieu, nous allons probablement faire cette chose stupide.
MARIANNE
Toi, te battre !... avec un homme qui te déteste !
MAURICE
Ah ! il t'aime bien !
MARIANNE
Ce n'est pas demain, au moins... que vous vous battez?
MAURICE
Mais si, c'est demain... Plus tard, ce serait encore plus bête... Nous battre?... Oui!... ça ne prouvera même pas qu'un de nous deux est plus fort que l'autre! Mais enfin, tant que le duel est là," il faut s'en servir... Et comme il est dit que dans les plus sales histoires ii y aura toujours un peu de bouffonnerie, je suis bien décidé à prendre Chantraine comme témoin!... Ce bon Chantraine ! Mon aventure n'est pas très différente de la sienne. Toutes les aventures de maris trompés se ressemblent, comiques ou douloureuses, suivant le masque des gens, mais le fond est pareil... Viens rejoindre nos invités.
MARIANNE
Ah ! je souffre plus que toi !... Toi, tu te consoleras, moi, jamais!
Espérons que nous sommes des êtres assez frivoles pour nous consoler tous les deux... (il regarde