‹ Theatre Complet IV La Chatelaine L'Adversaire Monsieur PiegoisChapitre 178 sur 272 · ACTE IV, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VII

MARIANNE

N'insiste pas, maman, c'est impossible.

MADAME GRÉCOURT

Comment ! c'est toi qui refuses ! Et pourquoi ? par orgueil, j'en suis sûre, par cet orgueil que vous avez toutes maintenant... On dirait, ma parole, qu'il n'y a que vous qui ayez été trompées. Mais nous aussi, nous l'avons été... Et ça ne nous amusait pas plus que vous!... Seulement, nous avions le respect du mariage et nous considérions comme un de nos devoirs de femme et d'épouse de supporter avec dignité toutes les petites trahisons courantes de nos maris... Mes enfants, vous ne savez pas le chagrin que vous me faites!... Réconciliez- vous... Il n'y a rien d'irréparable là dedans... On ne brise pas une famille pour ça !

MARIANNE, qui se trouve près de Maurice à ce moment,

bas à celui-ci.

Maurice! une dernière fois, je t'en supplie!...

(Maurice reste immobile.)

MADAME GRÉCOURT

Ah ! si c'est la femme qui trompe, c'est autre chose!...

MARIANNE, se retournant viveinent avec un petit cri.

Oh!

MADAME GRÉCOURT

Alors, tant pis pour elle ! Elle a choisi un autre homme que son mari!... qu'elle le suive!...

qu'elle soit heureuse ou malheureuse avec lui, ça la regarde. Nous disons à nos maris que leur faute vaut la nôtre, et nous avons raison de le leur dire, ça les fait réfléchir et ça peut les arrêter quelquefois, mais à part nous, nous savons à quoi nous en tenir. La preuve, c'est que nous aimons davantage ceux à qui nous pardonnons et

que nous finissons toujours par mépriser ceux qui nous pardonnent I Est-oe votre avis, Maurice?

MAURICE

Tout à fait.

Alors, j'espère que vous allez réfléchir, et que demain vous serez devenus raisonnables tous les deux... Bonsoir, mes enfants.

(Elle êort aprèê avoir embraêsé sa fille et serré la muin de son gendre.)

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